Tout savoir sur les élections présidentielles au Portugal

Dimanche 18 janvier 2026, les Portugais se sont rendus aux urnes pour choisir un nouveau Président de la République.

Résultats du premier tour : le socialiste António José Seguro est arrivé en tête, juste devant André Ventura, le candidat d’extrême droite.

Le scrutin a abouti sur une situation inédite : depuis plus de 40 ans, il n’y avait pas eu de second tour au Portugal.

Le nom du futur président de la république portugais sera connu à l’issue du second tour, le 8 février prochain.

Mais en attendant, revenons sur les projets de chacun des deux prétendants au titre de président de la République ainsi que sur l’opinion des portugais…

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Les résultats du premier tour

C’est la présidentielle la plus indécise depuis des décennies : pour la première fois depuis la fin des années 80, les Portugais devront se mettre d’accord lors d’un second tour.

Au premier tour, aucun candidat n’a atteint la majorité absolue :

  • António José Seguro, candidat soutenu par le Parti socialiste, est arrivé en tête avec 31,11 % des suffrages ;
  • André Ventura, leader du parti d’extrême droite Chega arrive juste derrière avec 23,52 % des voix.

Source : www.rtp.pt

Le fait marquant de ces élections est sans nul doute la hausse de popularité d’un candidat d’extrême droite : André Ventura de Chega.

Les candidats du second tour

Revenons sur le profil des deux candidats élus au premier tour.

António José Seguro (Gauche / centre gauche)

  • António José Seguro a 63 ans.
  • Il a été secrétaire général du Parti socialiste entre 2011 et 2014.
  • Il a construit un long parcours politique en tant que député, député européen et dirigeant partisan.
  • Il se présente comme un candidat de stabilité institutionnelle et de cohésion sociale.
  • Il prétend qu’il sera un président modérateur, attentif aux inégalités et au dialogue démocratique.

Dans ses prises de parole, António José Seguro s’annonce comme un futur président favorable aux compromis. 

Quelques unes de ses idées et “promesses” : 

  • Il défend l’idée d’un État régulateur qui corrige des déséquilibres, mais soutient les entreprises privées. Parmi les pistes citées figure un « plan national » qui vise à aider des PME à se développer.

  • Il souhaite réformer le système de santé portugais afin d’en améliorer l’accès.

  • Concernant les grands changements en cours relatifs aux droits du travail portugais (qui révoltent les syndicats actuellement), Seguro assure faire de son mieux pour échanger avec les partenaires sociaux.

André Ventura (extrême droite)

  • André Ventura a 42 ans.
  • Ventura s’est rapproché de figures politique d’extrême droite comme Marine Le Pen.
  • Il est le fondateur et le dirigeant du parti Chega, après une carrière comme commentateur sportif et juriste.
  • Il s’est fait remarquer par un discours de rupture, contre le système politique actuel.
  • Il défend un usage plus actif des pouvoirs présidentiels.
  • Il met l’accent sur des thèmes tels que l’immigration, la sécurité et la lutte contre la corruption.
  • Chega est devenu le quatrième membre de la nouvelle alliance européenne de droite « Patriotes pour l’Europe », qui est désormais le troisième groupe le plus important au Parlement européen.
  • Les relations entre Ventura et l’actuel premier ministre portugais sont très tendues. Ventura a vivement critiqué Montenegro lors du scandale qui a finalement entraîné la chute du gouvernement en mars dernier. Le Premier ministre a alors porté plainte contre Ventura et exigé le retrait de dix panneaux d’affichage qui l’accusait de corruption.
  • Il met en avant la lutte contre la corruption et propose à ce titre des réformes institutionnelles.

  • Il appelle à une réduction de la bureaucratie et veut reconfigurer la fiscalité portugaise.

  • Il propose de réformer la Constitution sur plusieurs points (par exemple, l’objectif de mettre fin à certaines « subventions »), ce qui a alimenté le débat sur la marge de manœuvre réelle d’un président.

  • Son parti s’affiche clairement comme “anti-immigration”.

Élections présidentielle : les intentions de vote des Portugais

Une semaine avant le second tour, les sondages semblent démontrer un net avantage pour Antonio José Seguro avec 70,17 % des voix potentielles, contre 29,83 % pour André Ventura (source : radar des sondages présidentiels par Observador).

“J’appelle tous les démocrates, tous les progressistes et tous les humanistes à se joindre à nous pour, tous ensemble, vaincre l’extrémisme et ceux qui sèment la haine et la division parmi les Portugais” : ce sont les mots du candidat favoris de ce premier tour, José Seguro.

Contrairement aux prévisions révélées par les sondages, le candidat d’extrême droite n’a finalement pas remporté le premier tour.

Par ailleurs, le Premier ministre portugais a refusé de se positionner en révélant des consignes de vote.

Qu'en pensent les Portugais ?

Au Portugal, les réactions face à ce premier tour sont très mitigées. Mais publiquement, la plupart des personnalités appellent à faire barrage contre l’extrême droite et à voter pour Seguro. 

D’ailleurs, plus de 250  personnalités politiques importantes au Portugal ont lancé une lettre ouverte de soutien à António José Seguro pour le second tour de l’élection présidentielle.

Beaucoup pensent que l’extrême droite profite du discours sur l’immigration illégale pour se faire une place lors des élections.

La plupart des Portugais expriment une inquiétude profonde face à la progression des idées populistes et autoritaires, en faisant des parallèles historiques (Salazar) ou internationaux (Trump).

Beaucoup regrettent un climat de défiance envers les partis traditionnels, qui sont accusés d’avoir abandonné les classes moyennes et favorisé la radicalisation du débat public.

Les réactions des portugais suite au débat présidentiel

Après le débat présidentiel, les portugais sont majoritairement critique envers André Ventura.

António José Seguro est largement favoris, mais plus par rejet de Ventura.

Ce qui a été particulièrement reproché au candidat d’extrême droite, ce sont ses promesses qui ne relèvent pas des pouvoirs du Président (impôts, salaires, arrestations).

Il a aussi été accusé d’être plus intéressé par la mise en scène, l’agressivité et l’interruption que par le fond de ses paroles.

En face, Seguro a affiché une posture plus calme et institutionnelle (avec une vision plus modérée et démocratique).

Les sujets politiques sensibles pour les élections présidentielles de 2026 au Portugal

La crise du logement

L’accès au logement et les prix en hausse constante ces dernières années font partie des principales préoccupations des électeurs. Et pour cause, les prix sont surévalués d’environ 35% au Portugal.

Les candidats proposent des incitations à la construction, des mesures de protection sociale et, bonne nouvelle : la simplification des permis d’urbanisme.

La fonction et les limites du président

On entend beaucoup parler du rôle du président vis-à-vis du Parlement, du gouvernement et de la justice. Par exemple, les relations entre le président et le procureur général de la République ainsi que le droit de veto sur les lois ont fait l’objet de débats entre les candidats.

Des discussions ont eu lieu sur les conflits d’intérêts, l’indépendance du ministère public et la manière dont le chef de l’État doit agir sur les questions juridiques et institutionnelles.

La santé et les services publics

Ce n’est pas le thème dominant, mais il y a un débat sur l’état du service national de santé et sur la manière dont le président peut influencer les politiques sociales et de bien-être.

L’immigration

Ce n’est pas non plus l’un des thèmes les plus officiellement mis en avant, mais il est présent dans le débat politique national et dans les positions les plus fortes de certains candidats.

André Ventura, leader de Chega tente de tirer parti du mécontentement face à l’immigration et propose des mesures restrictives ou des discours axés sur le contrôle de flux migratoires.

Certaines de ses affiches de campagne ont d’ailleurs été retirées sur décision judiciaire pour éviter des messages susceptibles d’inciter à la haine ou à la discrimination.

Fiscalité

Les candidats parlent de justice sociale, d’équité dans les impôts et de défense des services publics.

D’autres appellent à un éclairage sur la fiscalité des immigrés ou des non-résidents, notamment pour que les citoyens d’origine portugaise ou pour que les expatriés ne soient pas pénalisés fiscalement.

En arrière-plan, certains candidats de droite prônent une réduction de la charge fiscale pour stimuler l’investissement et l’emploi, tandis que d’autres insistent sur la nécessité d’un système fiscal qui finance mieux les services publics.

Politique étrangère et sécurité

Certains candidats ont abordé des thèmes tels que les relations avec l’Union européenne et la position à adopter dans les crises internationales (par exemple, l’aide militaire à l’Ukraine).

Voter aux élections présidentielles portugaises en 2026

Les résidents étrangers au Portugal ne peuvent pas voter aux élections présidentielles (sauf quelques résidents de pays d’origine lusophones sous certaines conditions). 

Les scrutins sont donc réservés aux citoyens portugais.

Si vous êtes d’origine portugaise et que vous vivez à l’étranger, vous pouvez voter si vous êtes déjà inscrits sur les listes électorales (avant novembre 2025) au consulat ou à l’ambassade de votre lieu de résidence.

Le paysage politique actuel au Portugal

Au Portugal, l’opinion politique s’est déplacée vers la droite ces dernières années (et même vers l’extrême droite), même si le Parti socialiste (PS) reste une force majeure. 

Le pays vit actuellement sous un gouvernement de centre-droit depuis les législatives anticipées du 18 mai 2025 : l’Alliance démocratique, menée par Luís Montenegro (le premier ministre), est arrivée en tête sans décrocher la majorité absolue.

L’exécutif est donc dans une position de faiblesse et laisse planer le risque de crise politique (comme en France). 

Dans le même temps, la dynamique de la droite et de l’extrême droite s’affirme : Chega s’est hissé en principale force d’opposition au Parlement. Un tournant inédit dans la démocratie portugaise, tandis que la gauche accuse le coup. 

Le PS est en recul, avec son plus mauvais résultat depuis la fin des années 1980. Il a glissé à la troisième place derrière Chega.

Bref, globalement, la gauche portugaise traverse une crise (divisions internes et perte d’électeurs). 

L’instabilité politique s’est fait ressentir ces derniers mois : après une crise parlementaire et une motion de confiance perdue, le Président a dissous le Parlement en mars 2025 puis a convoqué de nouvelles législatives en mai 2025.

Le fonctionnement politique au Portugal

Au Portugal, le président peut être élu au 1er tour s’il obtient plus de la moitié des votes. Sinon, un 2ᵉ tour aura lieu, 21 jours après (le 8 février 2026).

Le Portugal fonctionne avec un système semi-présidentiel, comme en France : avec un Président de la République et un Premier ministre. Le Premier ministre est nommé par le Président.

Après la dictature et la Révolution du 25 avril, la Constitution de 1976 a installé ce modèle pour éviter une concentration excessive du pouvoir.

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