Que promet Air France en échange de la compagnie aérienne TAP Portugal ?

Le 29 juillet 2026, Air France-KLM et Lufthansa ont déposé leurs offres pour racheter 44,9 % de TAP Portugal. La décision est attendue à la rentrée. À cette occasion, le groupe français a fait de grandes promesses au gouvernement portugais, notamment de faire de Lisbonne son unique hub du sud de l’Europe.

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L'info en bref
  • Air France-KLM et Lufthansa ont remis leurs offres fermes le 29 juillet 2026 pour racheter 44,9 % du capital de TAP Portugal ;

  • L’État portugais conserve 50,1 % de la compagnie, et 5 % sont réservés aux salariés ;

  • Air France-KLM promet de faire de Lisbonne son unique hub du sud de l’Europe et d’ouvrir de nouveaux centres de maintenance au Portugal ;

  • Le gouvernement veut trancher en septembre, mais l’entrée effective au capital n’est pas attendue avant l’été 2027.

TAP Portugal est (encore) à vendre

TAP Portugal, la compagnie aérienne portugaise a déjà été privatisée une première fois en 2015, avant que le gouvernement d’António Costa ne ramène l’État au capital.

Puis en 2020, le trafic aérien est à l’arrêt et la compagnie est de nouveau nationalisée. L’État portugais injecte environ 3,2 milliards d’euros pour la récupérer. 

L’Union européenne valide ce sauvetage en décembre 2021, mais en échange d’un plan de restructuration assez strict (réduction de la flotte, réduction des coûts, et vente de plusieurs filiales).

TAP a cédé ses parts dans l’assistance en escale et la restauration à bord, et le gouvernement a relancé la vente en 2025.

Le modèle retenu est donc celui d’une privatisation partielle : 44,9 % du capital vont à un investisseur de référence, 5 % sont réservés aux salariés, et l’État garde la majorité avec 50,1 %.

Il y avait trois candidats au départ

Au départ, ils étaient trois grands groupes européens à s’intéresser à la compagnie aérienne portugaise : Air France-KLM, Lufthansa, et IAG (la maison mère d’Iberia et de British Airways).

IAG a abandonné le projet en avril 2026. Le groupe britannico-espagnol ne voulait pas d’une participation minoritaire.

Il reste donc d’un côté, Air France-KLM, dont l’État français est le premier actionnaire

De l’autre, Lufthansa, le plus gros groupe aérien européen, qui a déjà intégré SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines et, plus récemment, l’italienne ITA Airways.

Air France-KLM veut faire de Lisbonne son unique hub du sud de l'Europe

Air France-KLM ne veut pas simplement prendre une participation au capital de la compagnie aérienne portugaise. Le groupe français annonce un plan qui couvre tous les métiers, du transport de passagers au fret, en passant par le programme de fidélité et la maintenance aéronautique.

Le groupe promet que Lisbonne deviendrait son seul hub du sud de l’Europe, c’est-à-dire la plateforme par laquelle transiteraient ses passagers vers les Amériques et l’Afrique.

Il a également évoqué l’ouverture de nouveaux ateliers de maintenance dans des zones clés du Portugal. Ces derniers seraient dédiés aux avions et aux moteurs de dernière génération, avec à la clé des emplois qualifiés.

Enfin Delta Air Lines soutient officiellement l’offre du groupe français. Le transporteur américain, partenaire d’Air France-KLM sur l’Atlantique Nord, s’est dit aligné sur le projet, selon Lusa.

Lufthansa mise sur l'Atlantique Sud et sur son usine de Santa Maria da Feira

En face, l’argumentaire allemand est différent.

Lufthansa ne parle pas de hub du sud de l’Europe, mais veut faire de TAP la compagnie de référence du groupe sur l’Atlantique Sud, avec Lisbonne comme plateforme stratégique et le Brésil comme marché prioritaire.

Le groupe rappelle qu’il a intégré quatre compagnies nationales sans effacer leur identité.

Il détient aussi un atout industriel de taille sur le terrain. Sa filiale technique construit une unité de réparation de composants d’avions à Santa Maria da Feira, dans le nord du pays.

Enfin, TAP partage déjà la même alliance que Lufthansa. Il s’agirait donc de la solution la plus simple pour les voyageurs et pour les accords commerciaux déjà existants.

Le gouvernement portugais a posé ses impératifs

Quelle que soit la compagnie qui entrera au capital de TAP Portugal, le cahier des charges s’avère contraignant.

L’acheteur devra d’abord garantir le maintien de la marque TAP et du siège social au Portugal. Il faudra également préserver le hub de Lisbonne et assurer la continuité des liaisons stratégiques vers le Brésil, les pays africains lusophones et la communauté portugaise.

Le gouvernement attend aussi le développement des aéroports nationaux, et notamment Porto, Faro, les Açores et Madère.

La décision est attendue en septembre et l'entrée au capital en 2027

Depuis le 29 juillet, la Parpública (la holding qui gère les participations de l’État portugais) dispose de 30 jours pour analyser les deux offres et remettre son rapport aux ministres des Finances et des Infrastructures. 

Ce rapport est donc attendu fin août 2026, sauf si les candidats demandent des éclaircissements.

Le ministre des Infrastructures, Miguel Pinto Luz, a redit qu’il souhaitait boucler le choix du partenaire en septembre.

Le dossier doit encore passer devant les autorités européennes de la concurrence. L’entrée effective au capital n’est donc pas attendue avant l’été 2027.

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