L’école que Salazar a fait construire dans son village natal rouvre ses portes ce vendredi 23 octobre. Après plus de 20 ans de polémique, elle devient un centre consacré à la dictature portugaise et à ceux qui l’ont combattue.
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L’école de Salazar devient un centre sur la dictature
L’école de Salazar est une ancienne école-cantine modèle des années 1940, à Vimieiro, un village de la commune de Santa Comba Dão.

Elle accueille désormais un centre d’interprétation de l’Estado Novo, le nom du régime de Salazar.
Son contenu est confié à Ephemera, l’association d’archives fondée par l’historien José Pacheco Pereira.
Le lieu réunit une bibliothèque spécialisée, une salle de classe reconstituée comme à l’époque, avec le portrait du dictateur et une croix au mur, et des expositions temporaires.
Il est aussi possible d’y découvrir la manière dont se traduisait la censure à l’époque : livres, disques et documents interdits sous la dictature (présentés avec le rapport qui justifiait leur interdiction).
Un projet accusé de blanchir la dictature
Au Portugal, les opposants du projet le surnomment le « musée Salazar ». Ils craignent qu’il attire les nostalgiques du régime.
En 2019, une pétition contre le projet a réuni plus de 16 000 signatures, et le Parlement a adopté un texte condamnant tout musée dédié au dictateur à Santa Comba Dão, quel que soit son nom.
En septembre encore, l’Union des résistants antifascistes portugais dénonçait un risque de blanchiment de la dictature.
Après plusieurs maires, c’est Inês Matos, en poste depuis moins d’un an, qui a tranché.
Elle promet un lieu de mémoire, et non un lieu de blanchiment. Elle assure qu’aucun objet ayant appartenu à Salazar n’y sera exposé.
Le Portugal a vécu 48 ans de dictature
António de Oliveira Salazar, né à Vimieiro en 1889, a dirigé le gouvernement de 1932 à 1968, avant de se retirer pour raisons de santé.
Son régime avec parti unique a pris fin avec la révolution des Œillets, le 25 avril 1974.
Depuis, la mémoire de cette période s’est surtout construite autour des résistants.
À Lisbonne, l’ancienne prison politique de l’Aljube est devenue un musée en 2015.
À Peniche, la forteresse où près de 2 700 prisonniers politiques ont été enfermés abrite depuis 2024 le Musée national Résistance et Liberté.

Elenina
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