C’est une première au Portugal. Le mardi 14 juillet 2026, une fondation privée a annoncé le financement de 10 communautés d’énergie solaire, à hauteur de 30 000 € par projet.
Et contrairement à ce qui se fait ailleurs en Europe, ces projets cibleront en priorité les besoins en énergie des familles précaires et les zones les moins peuplées du pays.
Le Portugal serait-il en train de construire un système de transition énergétique plus solidaire ?
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Le principe de l’énergie solaire partagée au Portugal
Le Portugal mise de plus en plus sur le modèle de la communauté d’énergie. Autrement dit, des panneaux solaires sont installés sur les toits d’infrastructures publiques (une école, une mairie de quartier, le local d’une association…), et l’électricité produite est partagée entre les voisins.
Chaque foyer membre de la communauté paye moins cher sa facture d’électricité, sans avoir besoin d’installer quoi que ce soit chez lui.
C’est déjà le cas dans le quartier de Telheiras, à Lisbonne, où 13 panneaux solaires sont installés sur le toit de la junta de freguesia (la mairie de quartier) qui alimentent le bâtiment et 16 familles des environs, dont plusieurs en situation de pauvreté énergétique.
- Bon à savoir
Ce modèle reste rare au Portugal, mais en développement. On compte moins d’une dizaine de communautés d’énergie licenciées dans tout le pays, justement à cause du manque de moyens financiers des associations locales et des citoyens pour investir dans les panneaux solaires.
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Des acteurs privés ont décidé de financer ces projets solidaires
Comme il n’existe aucun financement public spécifiquement dédié à ces communautés d’énergie citoyennes au Portugal, une fondation privée a décidé de prendre le relais.
La Fondation Calouste Gulbenkian s’est associée à Coopérnico, la première coopérative portugaise d’énergie renouvelable, pour lancer un concours national.
Le concours s’adresse aux associations de développement local, coopératives et autres entités de la société civile déjà implantées dans leur communauté.
Parmi les candidatures reçues, 20 projets seront sélectionnés pour intégrer un programme de mentorat, assuré par les techniciens de Coopérnico.
À la fin, les 10 meilleurs projets recevront un financement qui peut aller jusqu’à 30 000 € chacun.
Tous les projets porteront sur du solaire photovoltaïque, la solution la plus simple et la plus rapide à mettre en place.
Le concours va privilégier les candidatures des territoires à faible densité de population ou avec une forte vulnérabilité énergétique, pour bénéficier aux familles dont les dépenses d’énergie pèsent le plus lourd dans le budget.
Et en France, comment ça se passe ?
En France, le principe de l’énergie citoyenne est connu, mais le concept est bien moins solidaire.
Le mouvement Énergie Partagée, soutenu par l’ADEME, a déjà investi plus de 51 millions d’euros dans 200 projets citoyens d’énergie renouvelable partout dans le pays. Et des centaines d’autres initiatives locales existent, souvent appuyées par des appels à projets des Régions.
Mais il y a une différence importante : en France, l’entrée dans un projet citoyen passe presque toujours par l’achat de parts ou d’actions.
Chez Énergie Partagée par exemple, il faut acquérir 129 € par action pour participer. C’est un placement éthique, certes, mais un placement quand même (il faut donc disposer d’une épargne pour en bénéficier).
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Deux philosophies distinctes entre la France et le Portugal
En France, les projets citoyens se multiplient, mais ils s’adressent d’abord à ceux qui peuvent y investir.
Au Portugal, l’initiative de la fondation privée profite aux familles précaires qui sont les premières bénéficiaires de l’électricité produite.
L’idée est de prouver que la transition énergétique peut partir des villages, sans laisser personne de côté.
Si l’expérience fonctionne, elle pourrait bien servir de modèle vers une transition énergétique plus solidaire.
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