L’IRS (Imposto sobre o Rendimento das Pessoas Singulares) est le nom qu’on donne à l’impôt sur le revenu des personnes physiques au Portugal. La convention fiscale entre la France et le Portugal permet d’éviter la double imposition, mais il reste souvent un complément à payer dans l’un des deux pays (selon votre résidence fiscale et votre situation). Dans l’ensemble, la fiscalité sur les revenus est plus lourde au Portugal, mais les impôts locaux et certaines taxes sont moins chères qu’en France.
Voici tout ce qu’il faut savoir sur l’impôt sur le revenu au Portugal et les autres taxes (prélèvements sociaux, impôts sur la fortune, succession, etc.) pour finalement bien optimiser votre situation fiscale (à la fin de cet article, je vous dresse un comparatif global de l’imposition entre la France et le Portugal).

Elenina
Quels sont les différents impôts au Portugal ?
Au Portugal, les taxes et impôts s’expriment sous forme d’acronymes.
L’IRS correspond à l’impôt sur le revenu, qu’on appelle plus communément « Imposto sobre o Rendimento das Pessoas Singulares ».
Les principaux impôts et taxes que vous rencontrerez au Portugal sont les suivants :
Sigle | Nom complet | Type d’impôt | Qui est concerné |
IRS | Imposto sobre o Rendimento das Pessoas Singulares | L’impôt sur le revenu | Tous les résidents fiscaux |
IRC | Imposto sobre o Rendimento das Pessoas Coletivas | L’impôt sur les sociétés | Les entreprises |
IVA | Imposto sobre o Valor Acrescentado | La TVA (23 %, 13 % et 6 %) | Tout le monde, à chaque achat |
IMI | Imposto Municipal sobre Imóveis | La taxe foncière | Les propriétaires |
AIMI | Adicional ao IMI | La surtaxe sur les gros patrimoines immobiliers | Patrimoine supérieur à 600 000 € |
IMT | Imposto Municipal sobre as Transmissões | Droits de mutation (frais de notaire) | Les acheteurs immobiliers |
Imposto do Selo | Droit de timbre | Sur les actes, crédits, donations et successions | Variable |
ISV | Imposto sobre Veículos | La taxe d’immatriculation d’un véhicule importé | Une fois, lors de l’immatriculation au Portugal |
IUC | Imposto Único de Circulação | La taxe de circulation annuelle | Tous les propriétaires de véhicule |
Qui doit payer l’impôt sur le revenu (IRS) au Portugal ?
Au Portugal, vous devez payer l’impôt sur le revenu dans deux situations :
- Si vous êtes résident fiscal portugais, vous êtes dans ce cas imposé sur l’ensemble de vos revenus (portugais ou étrangers) ;
- Si vous n’êtes pas résident fiscal portugais, vous n’êtes imposé que sur les revenus dont la source se trouve au Portugal.
Vous êtes considéré comme résident fiscal au Portugal si :
- Vous y séjournez au moins 183 jours par an, consécutifs ou non ;
- Ou si vous y disposez d’un logement dans des conditions qui laissent penser que vous comptez y vivre durablement.
Si vous remplissez l’un de ces critères, vous devez déclarer au Portugal l’ensemble de vos revenus mondiaux, qu’ils viennent du Portugal, de France ou d’ailleurs.
Si vous n’êtes pas résident, vous ne déclarez au Portugal que vos revenus de source portugaise (un loyer, une plus-value immobilière, un salaire local).
- Bon à savoir
Être titulaire d’un NIF (numéro fiscal portugais) ne suffit pas pour devenir résident fiscal au Portugal. La résidence fiscale n’est pas une option à choisir, si vous passez la majeure partie de l’année au Portugal, vous devez légalement y transférer votre résidence fiscale.
Comment fonctionne l’IRS au Portugal ?
Comme en France, l’IRS est un impôt progressif, calculé par tranches. Voici quelques informations à connaître pour comprendre comment il se calcule.
Les catégories de revenus soumises à l’IRS au Portugal
Au Portugal, chaque revenu est rangé dans une catégorie identifiée par une lettre. Cette lettre détermine l’annexe que vous devrez remplir lors de votre déclaration fiscale, ainsi que le mode de calcul.
Catégorie | Type de revenus |
A | Salaires (travail dépendant) |
B | Revenus indépendants, professions libérales, entreprise individuelle |
E | Revenus de capitaux (dividendes, intérêts) |
F | Revenus fonciers (loyers) |
G | Plus-values (immobilier, valeurs mobilières, cryptomonnaies) |
H | Pensions (retraite, invalidité, réversion) |
Au Portugal, les catégories A et H suivent le même régime, c’est-à-dire qu’une pension de retraite est traitée comme un salaire.
Le barème de l’IRS en 2026
En 2026, le Portugal compte 9 tranches d’imposition (quand la France n’en compte que 5). Les taux vont de 12,5 % à 48 %.
Voici le barème officiel en vigueur, fixé par la loi de finances pour 2026 au Portugal :
Revenu imposable annuel | Taux |
Jusqu’à 8 342 € | 12,5 % |
De 8 342 € à 12 587 € | 15,7 % |
De 12 587 € à 17 838 € | 21,2 % |
De 17 838 € à 23 089 € | 24,1 % |
De 23 089 € à 29 397 € | 31,1 % |
De 29 397 € à 43 090 € | 34,9 % |
De 43 090 € à 46 566 € | 43,1 % |
De 46 566 € à 86 634 € | 44,6 % |
Plus de 86 634 € | 48 % |
On constate d’abord qu’il n’existe pas de tranche à 0 %. Dès le premier euro imposable, vous payez 12,5 % au Portugal.
Ensuite, la progressivité est beaucoup plus rapide. C’est ce qui explique que pour un même niveau de revenu, l’impôt est souvent plus cher au Portugal.
Par exemple, à 30 000 € de revenu imposable, un contribuable portugais est déjà dans la tranche à 34,9 %, alors qu’en France il serait à 30 %.
- Bon à savoir
Comme en France, seule la fraction de revenu comprise dans chaque tranche est taxée au taux correspondant.
Comment se calcule l’impôt sur le revenu portugais (IRS) ?
Comment passe-t-on du revenu brut au revenu imposable ?
Le barème progressif que nous venons de voir ne s’applique jamais à votre revenu brut.
Il s’applique à ce qu’on appelle le « rendimento coletável », c’est-à-dire au revenu net imposable.
Pour l’obtenir, on retire du revenu brut (soit de ce que vous avez déclaré) :
- La déduction spécifique : un abattement forfaitaire de 4 587,09 € en 2026 pour les salaires (catégorie A) et les pensions (catégorie H). Si vos cotisations sociales obligatoires dépassent ce montant, c’est ce montant supérieur qui est retenu ;
- Le minimum d’existence (mínimo de existência) : un mécanisme qui garantit qu’on ne paie pas d’impôt sur le revenu vital. En 2026, il correspond au salaire minimum annuel, soit 12 880 € (920 € x 14 mois).
A noter que l’abattement est différent pour les indépendants.
Une fois le revenu imposable obtenu, on applique le barème pour calculer l’impôt brut. Puis on retire les déductions, qui viennent en réduction directe de l’impôt. Je vous explique juste après.
Un exemple de calcul de l’IRS
Prenons le cas d’une personne seule qui perçoit 30 000 € de pension brute par an et devient résidente fiscale au Portugal.
Étape 1 : Le revenu imposable 30 000 € – 4 587,09 € = 25 412,91 €
Étape 2 : L’application du barème, tranche par tranche
Tranche | Calcul | Impôt |
Jusqu’à 8 342 € | 8 342 x 12,5 % | 1 042,75 € |
8 342 à 12 587 € | 4 245 x 15,7 % | 666,47 € |
12 587 à 17 838 € | 5 251 x 21,2 % | 1 113,21 € |
17 838 à 23 089 € | 5 251 x 24,1 % | 1 265,49 € |
23 089 à 25 412,91 € | 2 323,91 x 31,1 % | 722,73 € |
Total | 4 810,65 € |
Étape 3 : Le résultat
L’impôt brut s’élève à environ 4 811 €, soit un taux effectif de 16 % du revenu brut. Il faudra ensuite en retirer les déductions (santé, éducation, factures).
La surtaxe de solidarité pour les hauts revenus
Au-delà du barème classique, il existe une taxe additionnelle au Portugal qu’on appelle « taxa adicional de solidariedade » :
- 2,5 % sur la part du revenu imposable comprise entre 80 000 € et 250 000 € ;
- 5 % sur la part supérieure à 250 000 €.
Elle s’ajoute à l’IRS calculé par tranches. Pour les très hauts revenus, le taux marginal peut donc atteindre en réalité 53 %.
Les déductions qui font baisser l’impôt sur le revenu au Portugal
Si vous donnez votre numéro fiscal portugais (NIF) à chaque passage en caisse, vous pourrez bénéficier de déductions fiscales.
Les dépenses du quotidien peuvent réduire directement l’impôt à payer, dans la limite d’un plafond.
Type de dépense | Pourcentage déductible | Plafond 2026 |
Dépenses générales et familiales | 35 % | 250 € par contribuable |
Santé | 15 % | 1 000 € par foyer |
Éducation et formation | 30 % | 800 € par foyer |
Loyer (résidence principale) | 15 % | 900 € |
Intérêts de crédit immobilier (contrats antérieurs à 2012) | 15 % | 296 € |
Maisons de retraite | 25 % | 403,75 € |
Exigence de facture (TVA récupérée) | 15 % de la TVA | 250 € |
Travail domestique | 5 % | 200 € |
Plans d’épargne retraite (PPR) | 20 % | 300 à 400 € |
Dons | 25 % | 15 % de l’impôt |
En plus du plafond propre à chaque catégorie, il existe aussi un plafond général qui varie entre 1000 € et 2500€ selon vos revenus.
Le plafond des dépenses générales et familiales de 250 € s’applique par personne, ou plutôt, par adulte au foyer. Ainsi, pour un couple, le plafond atteint 500 € (les enfants ne peuvent pas faire augmenter ce plafond). Mais ce plafond est souvent atteint très rapidement, soit dès 700 € de dépense.
Toutes ces factures remontent automatiquement sur le portail e-fatura dès lors que vous avez donné votre NIF. Vous avez jusqu’au 25 février pour valider les factures en attente, et jusqu’au 31 mars pour contester les montants calculés par le fisc.
- Nouveauté 2026
L’achat de livres en librairie, les billets de spectacle (théâtre, musique, danse), les entrées de musées, sites et monuments historiques ainsi que les services de bibliothèques et d’archives ouvrent désormais droit à une déduction. Vous récupérez 15 % de la TVA supportée, dans la limite globale de 250 € par foyer fiscal. Ce plafond est partagé avec les autres secteurs éligibles (restauration, hébergement, coiffeurs, garages, vétérinaires, transports publics).
Le quotient familial au Portugal
Au Portugal, les enfants ne réduisent pas le revenu imposable via le quotient familial tel qu’on le connaît en France.
Il n’y a pas de parts fiscales supplémentaires par enfant, en revanche, les personnes à charge ouvrent droit à des déductions forfaitaires sur l’impôt :
- 600 € par personne à charge ;
- 726 € en plus par enfant âgé de trois ans ou moins au 31 décembre de l’année concernée ;
- 900 € en plus à partir du deuxième enfant, et pour les suivants, dès lors qu’ils ont six ans ou moins, quel que soit l’âge du premier.
Par exemple, un couple avec trois enfants âgés de six, deux et un ans déduit 600 € pour l’aîné, puis 900 € pour chacun des deux cadets, soit 2 400 € au total.
En revanche, les couples mariés ou en union de fait peuvent opter pour l’imposition conjointe : le revenu du foyer est alors divisé par deux avant l’application du barème, puis l’impôt obtenu est multiplié par deux (c’est ce qu’on appelle le quociente conjugal).
L’impôt sur le revenu au Portugal pour un retraité français
En 2026, il n’existe plus d’avantage fiscal pour les retraités
Le statut de Résident Non Habituel (RNH), qui exonérait ou taxait à 10 % les pensions étrangères, n’est plus accessible aux nouveaux arrivants retraités.
Il a été remplacé par un dispositif appelé IFICI, qui ne concerne que les revenus d’activité dans des secteurs très ciblés.
Seuls les retraités déjà inscrits au RNH avant sa suppression conservent le bénéfice du régime jusqu’à la fin de leur période de 10 ans.
Néanmoins, le gouvernement portugais est en train de préparer un nouveau régime fiscal attractif (via le programme Voltar) qui sera destiné aux retraités d’origine portugaise, afin de les inciter à retourner vivre au Portugal.
Où sont imposées vos pensions ?
Si vous êtes résident fiscal portugais, votre pension sera fiscalisée différemment selon sa nature (pension du secteur public ou du secteur privé). La convention fiscale franco-portugaise évite la double imposition, mais elle répartit les droits d’imposer de façon très précise :
- Les pensions privées (régime général, complémentaires Agirc-Arrco) perçues par un résident fiscal portugais ne sont imposables qu’au Portugal, selon le barème portugais ;
- Les pensions publiques (fonctionnaires, militaires, agents territoriaux et hospitaliers) restent imposables en France, sauf si le retraité possède aussi la nationalité portugaise. Elles sont tout de même déclarées et fiscalisées au Portugal, où elles ouvrent droit à un crédit d’impôt correspondant à l’impôt déjà payé en France.
Les prélèvements sociaux sur la retraite française
En devenant résident fiscal portugais, vous êtes exonéré de :
- La CSG ;
- La CRDS ;
- La CASA.
Vous restez en revanche redevable de la cotisation d’assurance maladie (COTAM) au taux de 3,2 % sur votre pension brute.
Alors, la retraite au Portugal coûte-t-elle plus cher fiscalement ?
Prenons l’exemple d’un retraité seul avec 30 000 € de pension privée brute annuelle.
Voici ce que donne la comparaison de fiscalité France-Portugal (impôts et prélèvements sociaux) , en simplifiant volontairement :
France | Portugal | |
Impôt sur le revenu | environ 1 694 € | environ 4 811 € |
Prélèvements sociaux | environ 2 730 € (CSG, CRDS, CASA) | environ 960 € (COTAM 3,2 %) |
Total | environ 4 424 € | environ 5 771 € |
Ces calculs sont indicatifs et ne tiennent pas compte des déductions fiscales, ni de votre situation familiale.
L’écart fiscal entre la France et le Portugal se réduit donc grâce aux prélèvements sociaux qui sont moins élevés.
En revanche, plus la pension est élevée, plus l’impôt au Portugal est défavorable, puisque le barème portugais grimpe beaucoup plus vite.
Je vous en parle plus en détail dans mon E-book sur la retraite au Portugal.
Comment déclarer et payer l’impôt sur le revenu (IRS) au Portugal ?
Au Portugal, la déclaration de l’impôt sur le revenu se fait en ligne, sur le Portal das Finanças.
IRS : le calendrier fiscal portugais
Période | Ce qu’il faut faire |
Jusqu’au 25 février | Valider les factures en attente sur e-fatura |
Jusqu’au 31 mars | Contester le calcul des déductions par le fisc |
Du 1er avril au 30 juin | Déposer la déclaration d’IRS (Modelo 3) |
Jusqu’au 31 juillet | Réception du remboursement pour les déclarations déposées dans les temps |
Jusqu’au 31 août | Payer l’IRS à payer |
Mai, août et novembre | Payer l’IMI (selon le montant) |
Septembre | Payer l’AIMI |
Comme en France, la déclaration porte toujours sur les revenus de l’année précédente.
Déclarer l’IRS au Portugal étape par étape
Voici la marche à suivre si vous souhaitez déclarer vos impôts au Portugal :
- Connectez-vous au Portal das Finanças avec votre NIF et votre mot de passe ;
- Allez dans « Serviços » puis « IRS » puis « Entregar Declaração » ;
- Vérifiez si vous êtes éligible à l’IRS automático : si vos revenus sont uniquement de catégorie A ou H, de source portugaise, sans situation particulière, le fisc vous propose une déclaration pré-remplie que vous n’avez plus qu’à valider. Attention, si vous ne faites rien, elle est considérée comme acceptée ;
- Sinon, remplissez le Modelo 3 et ajoutez les annexes correspondant à vos revenus ;
- Validez, corrigez les erreurs signalées et soumettez ;
- Conservez le justificatif de dépôt.
Quelle annexe remplir pour l’IRS au Portugal ?
Lors de votre déclaration de revenus au Portugal, vous entendrez souvent parler d’annexes.
Une annexe (anexo) est un formulaire complémentaire de la déclaration qui dépend de la nature des revenus que vous avez perçus : l’annexe A pour les salaires et pensions, l’annexe B pour les revenus d’indépendant au régime simplifié, l’annexe F pour les revenus fonciers, l’annexe G pour les plus-values, l’annexe J pour les revenus de source étrangère, etc.
C’est donc dans ces annexes que vous devez déclarer les différents montants de revenus.
Annexe | Pour quoi |
Anexo A | Salaires et pensions de source portugaise |
Anexo B | Revenus indépendants au régime simplifié |
Anexo C | Revenus indépendants en comptabilité organisée |
Anexo F | Revenus fonciers |
Anexo G | Plus-values imposables |
Anexo G1 | Plus-values exonérées (à déclarer quand même) |
Anexo H | Déductions et avantages fiscaux |
Anexo J | Revenus obtenus à l’étranger |
Anexo L | Revenus relevant du régime IFICI |
L’Anexo J est celui qui concerne le plus les expatriés français. C’est là que vous déclarez vos pensions françaises, vos loyers français, vos comptes bancaires à l’étranger et vos plus-values réalisées hors du Portugal.
- Bon à savoir
Depuis 2026, la déclaration d’un compte bancaire détenu à l’étranger est obligatoire, même s’il ne génère aucun revenu. Elle se fait en complétant l’annexe J.
Comment payer l’impôt sur le revenu portugais (IRS) ?
Après le dépôt de votre déclaration, l’administration fiscale portugaise émet ce qu’on appelle une « nota de liquidação » : c’est votre avis d’imposition.
En cas d’impôt à payer, ce document vous précise une référence de paiement Multibanco (entité, référence, montant). Il s’agit d’un moyen de paiement courant au Portugal, surtout pour régler des factures aux services publics.
Grâce à cette référence, vous pouvez ensuite régler votre impôt selon l’une de ces méthodes :
- Depuis votre banque en ligne (avec un compte bancaire portugais), dans la rubrique « pagamentos ao Estado » ;
- Dans n’importe quel distributeur Multibanco ;
- Via l’application MB WAY ;
- Ou directement au guichet des impôts.
En cas de difficulté, vous pouvez demander un paiement échelonné (plano prestacional) directement sur le portail en ligne.
Les risques en cas de retard de paiement d’IRS au Portugal
Si vous déposez votre déclaration en retard, vous risquez une amende qui peut varier entre 25 € et 3 750 €.
Un paiement en retard déclenche des intérêts de retard calculés au jour le jour, auxquels s’ajoute une majoration.
Le fisc portugais est plutôt souple sur la forme, mais très rigoureux sur les délais.
Comment fonctionne l’impôt foncier et l’impôt sur le patrimoine au Portugal ?
Si vous êtes propriétaire d’un bien au Portugal, que vous soyez résident fiscal ou non, vous devrez régler les impôts correspondants.
L’IMI, la taxe foncière portugaise
L’IMI est dû chaque année par le propriétaire d’un bien au 31 décembre de l’année précédente.
Il se calcule selon la formule suivante :
IMI = valeur patrimoniale fiscale du bien (VPT) x taux de la commune.
Les taux de l’IMI applicables en 2026 :
- Biens urbains : de 0,3 % à 0,45 %, chaque commune fixe son taux ;
- Biens ruraux : 0,8 % ;
- Biens détenus par des entités situées dans des paradis fiscaux : 7,5 %.
En règle générale, plus de deux tiers des communes portugaises appliquent le taux minimum de 0,3 %.
Par exemple, pour un appartement dont la valeur fiscale est de 120 000 € dans une commune à 0,3 %, vous paierez 360 € par an. Soit 30 € par mois.
Le paiement s’échelonne selon le montant annuel à payer :
- Jusqu’à 100 € : une seule fois, en mai ;
- De 100 à 500 € : deux versements, en mai et novembre ;
- Plus de 500 € : trois versements, en mai, août et novembre.
- Bon à savoir
Si vous achetez une résidence principale dont la valeur est inférieure à 125 000 € et sous conditions de revenus, vous pouvez bénéficier d’une exonération temporaire d’IMI pendant 3 ans. Mais attention, la valeur fiscale qu’on appelle VPT au Portugal n’est pas le prix d’achat. Il s’agit d’une valeur administrative, qui est souvent inférieure au prix du marché. Vous la trouvez sur la « caderneta predial », téléchargeable sur le portail des impôts.
L’AIMI, l’impôt sur les patrimoines immobiliers
Le Portugal dispose d’un impôt similaire à l’impôt sur la fortune immobilière en France (l’IFI).
L’AIMI s’applique à la somme des valeurs patrimoniales de vos biens à usage d’habitation et de vos terrains à bâtir, après un abattement de :
- 600 000 € pour une personne seule ;
- 1 200 000 € pour un couple en imposition conjointe.
Les taux sont ensuite progressifs :
- 0,7 % entre 600 000 € et 1 million d’euros
- 1 % au-delà d’un million d’euros
- 1,5 % au-delà de deux millions d’euros
L’AIMI est calculée par l’administration fiscale en juin et payable en septembre.
Mais il existe quelques différences entre l’impôt sur le patrimoine portugais et l’IFI en France :
- Déjà, le seuil d’entrée est plus bas au Portugal : 600 000 € (ou 1 200 000 en couple) contre 1 300 000 € en France ;
- Ensuite, l’AIMI porte sur la valeur brute : contrairement à l’IFI, les emprunts ne sont pas déductibles ;
- Au Portugal, l’assiette taxable est ce qu’on appelle la VPT (c’est la valeur fiscale), qui est inférieure à la valeur de marché ;
- Enfin, l’AIMI ne vise que les biens situés au Portugal, alors que l’IFI touche le patrimoine mondial des résidents français.
L’IMT et l’imposto do selo en cas d’achat immobilier
Si vous achetez un bien immobilier au Portugal, vous aurez deux types d’impôt à payer au moment de la signature :
- L’IMT, qui fait partie des frais de notaire. Il est calculé par tranches, avec un seuil d’exonération porté à 106 346 € en 2026 pour l’acquisition d’une résidence principale ;
- L’imposto do selo à 0,8 % du prix d’achat, systématiquement.
Depuis le 25 mai 2026, les non-résidents fiscaux qui achètent un logement au Portugal paient un IMT à taux unique de 7,5 %, quel que soit le prix du bien. Cette majoration ne concerne pas les locaux commerciaux ni les biens à usage professionnel, et elle peut être remboursée si vous devenez résident fiscal dans les deux ans.
L’impôt sur les revenus locatifs au Portugal
Au Portugal, les revenus fonciers (catégorie F) sont, dans la majorité des cas, soumis à un taux fixe de 25 %, après déduction des charges liées à la location (IMI, travaux, copropriété, assurance).
Mais depuis la nouvelle grande réforme du logement, les loyers dits « modérés », c’est-à-dire inférieurs à 2 300 € par mois, dans le cadre d’un bail d’habitation d’au moins trois ans, sont désormais taxés à 10 %. Il existe aussi un nouveau dispositif de défiscalisation qui permet d’être totalement exonéré d’impôt sur les revenus locatifs si vous louez en respectant un certain plafond de loyer : il s’agit du régime simplifié de logement abordable (RSAA).
Enfin, le régime de meublé touristique (alojamento local) relève, lui, de la catégorie B et de règles totalement différentes.
Vous devrez dans ce cas ouvrir une activité professionnelle, émettre des factures et cotiser à la sécurité sociale.
L’impôt sur les plus-values immobilières au Portugal
Le cas des résidents fiscaux portugais
Si vous êtes résident fiscal au Portugal, 50 % de la plus-value est ajoutée aux autres revenus et imposée au barème progressif de l’IRS.
Vous pouvez déduire du calcul les frais d’acquisition, les frais de vente et les travaux de valorisation réalisés dans les 12 années précédentes, à condition d’avoir conservé les factures.
Au Portugal, il n’y a pas d’exonération immédiate pour l’impôt sur la plus-value lors de la vente d’une résidence principale.
Vous pouvez être exonéré, mais seulement si vous réinvestissez le produit de la vente dans l’achat d’une nouvelle résidence principale dans l’Union européenne, dans un délai de 36 mois.
Le cas des non résidents portugais
Depuis 2023, les non-résidents bénéficient du même régime que les résidents pour l’impôt sur la plus-value immobilière.
Autrement dit, la moitié de la plus-value est imposable au barème progressif de l’IRS. Le taux est toutefois calculé en tenant compte de vos revenus mondiaux.
La convention fiscale franco-portugaise attribue le droit d’imposer au Portugal. La plus-value doit néanmoins être déclarée en France, où un crédit d’impôt vient neutraliser la double imposition.
L’impôt sur les sociétés au Portugal (IRC)
Si l’IRS est l’impôt sur le revenu des particuliers (personnes physiques), l’IRC correspond à l’impôt sur les sociétés.
En 2026, les taux d’IRC sont les suivants au Portugal :
Situation | Taux |
Taux général | 19 % |
PME et Small Mid Cap, sur les 50 000 premiers euros | 15 % |
Entreprises situées dans les territoires de l’intérieur, sur les 50 000 premiers euros | 12,5 % |
Zone franche de Madère (sous conditions et agrément) | 5 % |
Par ailleurs, le gouvernement portugais a annoncé une trajectoire de baisse qui va se poursuivre dans les années à venir, avec un objectif de 17 % d’ici 2028.
Il existe aussi deux surtaxes qui s’ajoutent à l’IRC au Portugal :
- Une taxe municipale, jusqu’à 1,5 % du bénéfice imposable, variable selon la commune du siège ;
- Une taxe d’État, de 3 % à 9 %, uniquement pour les bénéfices supérieurs à 1,5 million d’euros.
Par exemple, une PME installée à Lisbonne avec 120 000 € de bénéfice imposable paiera 15 % sur les 50 000 premiers euros, 19 % sur les 70 000 suivants, plus 1,5 % de derrama municipale. Soit environ 22 600 € (un taux effectif de 18,8 %).
L’impôt sur les cryptomonnaies au Portugal
Le Portugal a choisi pendant longtemps de ne pas taxer les cryptomonnaies.
Mais ce n’est plus tout à fait le cas depuis 2023, même si, le régime fiscal portugais des cryptomonnaies reste favorable à la détention longue.
La fiscalité des cryptomonnaies au Portugal varie donc selon la durée de détention de l’actif :
- Moins de 365 jours : la plus-value est taxée à 28 % (catégorie G), avec possibilité d’opter pour l’imposition au barème progressif si c’est plus favorable ;
- 365 jours ou plus : la plus-value est exonérée d’impôt. Mais l’opération doit tout de même être déclarée dans l’annexe G.
Par ailleurs, les moins-values sont reportables sur les cinq années suivantes, à condition d’avoir été déclarées.
IRS au Portugal : quels sont les avantages et dispositifs fiscaux en 2026 ?
Faisons le point sur les avantages fiscaux auxquels vous pourrez éventuellement prétendre au Portugal selon votre situation.
Notez que le statut de Résident Non Habituel (RNH), qui a attiré des milliers de Français entre 2009 et 2023, a été supprimé (mais ceux qui en bénéficiaient déjà le conservent jusqu’au terme de leur période de 10 ans).
L’IFICI, pour les profils très qualifiés
L’IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação) permet une imposition à un taux fixe de 20 % sur les revenus des catégories A et B, pendant 10 ans, avec exonération de la plupart des revenus de source étrangère (exonération ici ne veut pas dire que vous ne payez aucun impôt sur ces revenus).
Les conditions sont les suivantes :
- Ne pas avoir été résident fiscal au Portugal durant les 5 années précédentes ;
- Devenir résident fiscal au Portugal ;
- Exercer une activité éligible : recherche scientifique, enseignement supérieur, startups certifiées, postes qualifiés dans des entreprises reconnues par l’AICEP ou l’IAPMEI, profils listés par la Portaria n.º 352/2024 ;
- Ne jamais avoir bénéficié du RNH.
Vous devrez en faire la demande sur le site des impôts portugais avant le 15 janvier de l’année suivant celle de l’installation.
Les pensions de retraite sont exclues de ce régime.
L’IRS Jovem, pour les moins de 35 ans
Au Portugal, les jeunes de moins de 35 ans qui perçoivent des revenus de catégorie A ou B bénéficient d’une exonération dégressive sur 10 ans :
Année | Exonération |
1re année | 100 % |
2e à 4e année | 75 % |
5e à 7e année | 50 % |
8e à 10e année | 25 % |
Le montant exonéré est plafonné à 55 fois l’indice de référence sociale, soit 29 542,15 € en 2026. Aucune condition de diplôme n’est exigée depuis 2025.
Le dispositif n’est pas accordé automatiquement. Pour en bénéficier, il suffit de cocher l’option dans la déclaration annuelle (case 4F de l’annexe A).
Le Programa Regressar (ou Voltar), pour les Portugais et luso-descendants
Si vous avez des origines portugaises, ce dispositif offre un abattement de 50 % sur les revenus imposables à l’IRS pendant 5 ans.
Les conditions et la marche à suivre sont détaillées dans mon article dédié au Programa Regressar.
En 2027, le programme Regressar sera remplacé par le programme Voltar, qui sera cette fois aussi éligible aux retraités.
Portugal ou France : quelle fiscalité est la plus avantageuse ?
Voici la comparaison des deux barèmes, côte à côte.
France (revenus 2025) | Taux | Portugal (revenus 2026) | Taux |
Jusqu’à 11 600 € | 0 % | Jusqu’à 8 342 € | 12,5 % |
11 601 à 29 579 € | 11 % | 8 342 à 17 838 € | 15,7 à 21,2 % |
29 580 à 84 577 € | 30 % | 17 838 à 43 090 € | 24,1 à 34,9 % |
84 578 à 181 917 € | 41 % | 43 090 à 86 634 € | 43,1 à 44,6 % |
Plus de 181 917 € | 45 % | Plus de 86 634 € | 48 % |
Ce qu’il faut en conclure :
- Sur les revenus, la fiscalité française est plus douce, notamment grâce à la tranche à 0 %, au quotient familial et à des seuils plus élevés. Le seuil de revenu le plus élevé au Portugal est de 86 634 € (taux de 48 %), pour 181 917 € en France (avec un taux de 45 %). Ainsi, pour les hauts revenus, sans dispositif d’incitation fiscale, la différence d’impôt peut être considérable.
- Pour l’impôt sur les hauts patrimoines, le comparatif est difficile à faire, car tout dépend des situations. L’AIMI est comparable à l’IFI français, mais il se calcule sur la valeur cadastrale des biens, très inférieure à leur valeur de marché, et ne vise que les biens situés au Portugal. En revanche, le seuil est bien plus bas, et les prêts ne sont pas déductibles de la valeur taxable.
- Enfin, la taxe foncière annuelle est moins élevée au Portugal qu’en France et le Portugal a supprimé les droits de succession en 2004 : les transmissions en ligne directe, au profit du conjoint, des enfants, des petits-enfants ou des parents, sont exonérées d’impôt, quel que soit le montant transmis. Mais cette exonération n’écarte pas l’application des règles françaises, qui peuvent continuer à s’appliquer selon la résidence du défunt et celle des héritiers.
L’impôt en cas de succession et donation : l’avantage fiscal portugais
Le Portugal a supprimé l’impôt sur les successions en 2004. Il a été remplacé par l’imposto do selo, et la règle est la suivante :
- Conjoint, partenaire d’union de fait, descendants et ascendants sont totalement exonérés d’impôt ;
- Tous les autres bénéficiaires (frères, sœurs, neveux, tiers) sont taxés à 10 % de la valeur transmise.
En France, les enfants paient de 5 % à 45 % après un abattement de 100 000 €.
Deux précisions importantes :
- La donation d’un bien immobilier reste soumise à l’imposto do selo de 0,8 %, même entre parents et enfants. Seule la part de 10 % est exonérée ;
- L’exonération ne dispense pas de déclarer. La transmission doit être communiquée au service des Finanças, en principe jusqu’à la fin du troisième mois suivant le décès.
Concernant l’impôt sur la fortune, il n’existe pas non plus au Portugal. Le seul équivalent partiel est l’AIMI, qui ne porte que sur l’immobilier détenu au Portugal et au-delà de 600 000 € de valeur patrimoniale.
Foire aux Questions
Quel est le taux d'imposition au Portugal ?
L’impôt sur le revenu portugais (IRS) est progressif et comporte 9 tranches en 2026, qui vont de 12,5 % à 48 %. Le taux maximal de 48 % s’applique dès 86 634 € de revenu imposable annuel. Une surtaxe de solidarité de 2,5 % à 5 % s’ajoute au-delà de 80 000 €.
Un retraité français paie-t-il moins d'impôts au Portugal ?
Non, depuis la fin du statut RNH, les pensions privées sont imposées au barème progressif portugais, plus sévère que le barème français sur les revenus moyens et élevés. L’avantage vient surtout de l’exonération de CSG, CRDS et CASA, remplacées par une cotisation d’assurance maladie de 3,2 %. Mais dans l’ensemble la taxation s’avère légèrement actuellement plus élevée au Portugal pour un retraité.
Quand faut-il déclarer ses impôts au Portugal ?
La déclaration d’IRS (Modelo 3) se dépose entre le 1er avril et le 30 juin de chaque année, pour les revenus de l’année précédente. Le paiement du solde doit intervenir au plus tard le 31 août.
Y a-t-il un impôt sur la fortune au Portugal ?
Non. Le Portugal ne prélève pas d’impôt sur la fortune. Le seul dispositif comparable est l’AIMI, similaire à l’IFI en France, qui porte uniquement sur l’immobilier d’habitation situé au Portugal, au-delà de 600 000 € de valeur patrimoniale pour une personne seule et 1 200 000 € pour un couple.
Les héritiers paient-ils des droits de succession au Portugal ?
Le conjoint, le partenaire d’union de fait, les enfants, petits-enfants, parents et grands-parents sont totalement exonérés de droits de succession au Portugal. Les autres héritiers paient 10 % au titre de “l’imposto do selo”. La succession doit néanmoins être déclarée à l’administration fiscale portugaise.
Les cryptomonnaies sont-elles taxées au Portugal ?
Oui, depuis 2023 les cryptomonnaies sont imposées au Portugal (mais bien moins qu’en France). Les plus-values sur des cryptoactifs détenus moins de 365 jours sont taxées à 28 %. Au-delà de 365 jours de détention, elles sont exonérées, mais restent à déclarer dans l’Anexo G1.
Quel est le taux de l'impôt sur les sociétés au Portugal ?
Le taux général de l’IRC est de 19 % en 2026. Les PME bénéficient d’un taux réduit de 15 % sur les 50 000 premiers euros de bénéfice imposable. Il faut y ajouter la derrama municipale, jusqu’à 1,5 %.
Peut-on être imposé deux fois, en France et au Portugal ?
La convention fiscale franco-portugaise prévoit des mécanismes d’élimination de la double imposition, principalement par crédit d’impôt. En revanche, un même revenu doit être déclaré dans les deux pays, ce qui n’est pas la même chose qu’être imposé deux fois (mais si l’impôt portugais est plus élevé que l’impôt français, vous pouvez avoir un complément fiscal à payer au Portugal pour les mêmes revenus).









