Des archéologues découvrent un ancien sanctuaire solaire au Portugal

C’est une découverte fascinante. Dans le nord-est du Portugal (Alfândega da Fé) des archéologues ont découvert des représentations du soleil gravées dans la roche qui datent de 6 000 ans.

Les experts pensent que le site pourrait avoir été un ancien sanctuaire solaire.

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L'info en bref
  • Des archéologues de l’Université du Minho ont découvert des gravures de soleil vieilles d’environ 6 000 ans à Alfândega da Fé.

  • La roche porte aussi des motifs en forme de « U » ajoutés bien plus tard, à l’âge de Fer.

  • Selon l’archéologue Ana Bettencourt, le site pourrait avoir servi de sanctuaire et même de calendrier solaire.

  • Ce n’est pas la première découverte spectaculaire d’art rupestre au Portugal, déjà célèbre pour la vallée de Côa.

Des soleils gravés dans la pierre il y a 6 000 ans

La découverte a été faite sur une roche baptisée « Olival do Soldado », dans la commune d’Alfândega da Fé, en plein cœur de la région portugaise de Trás-os-Montes.

Sur cette pierre, les archéologues ont identifié plusieurs représentations du soleil (appelées soliformes), gravées par incision dans la roche.

D’après l’agence de presse portugaise Lusa qui a révélé l’information, ces gravures dateraient du quatrième ou troisième millénaire avant J.-C., c’est-à-dire du Néolithique ou du Chalcolithique. 

Ce sont des étudiants en archéologie de l’Université du Minho qui ont fait cette découverte, au terme d’un mois de fouilles menées dans le cadre d’un partenariat avec la municipalité d’Alfândega da Fé.

Alfândega da Fé se trouve dans le district de Bragança, à environ 2h de route de Porto. Une région rurale et préservée du nord-est du Portugal.

De mystérieux motifs en forme de U ajoutés des siècles plus tard

Tout aussi étonnant, la roche aurait visiblement été réutilisée des milliers d’années plus tard.

Par-dessus les soleils, des motifs en forme de « U » ont été gravés vers 1 000 ans avant J.-C., au début de l’âge du Fer. Cette fois, les motifs ont été piquetés à l’aide d’un quartz, puis polis pour être doux au toucher.

Ces mêmes motifs en U avaient déjà été repérés sur une roche voisine, la Fraga da Ferradura. Les habitants de la région les surnomment d’ailleurs les fers à cheval (ferraduras en portugais). Les fouilles de cet été ont permis de découvrir cinq nouveaux panneaux couverts de ces gravures.

Interrogée par l’agence de presse Lusa, l’archéologue Ana Bettencourt, enseignante à l’Université du Minho, précise que ces motifs « n’étaient pas gravés au hasard ». Ils étaient réalisés sur des parois proches de cours d’eau et orientées vers des quadrants précis du cycle solaire (sud-est, sud-ouest et nord-est).

Un ancien sanctuaire… et peut-être un calendrier solaire

Pour Ana Bettencourt, il ne fait aucun doute que ce lieu était un sanctuaire lié au monde religieux de ces populations préhistoriques.

Selon elle, la roche pourrait avoir fonctionné comme un calendrier solaire, car elle est orientée vers le lever du soleil au printemps et à l’automne.

Les découvertes dévoilent aussi des sortes d’empreintes de pas gravées sur la pierre, qui était presque entièrement recouverte de végétation. Selon la chercheuse, ces découvertes témoignent d’un véritable cérémonial dans le déplacement vers le site, réservé à des personnes qui maîtrisaient le monde du sacré et du symbolique.

Les étudiants ont nettoyé la roche, réalisé un relevé 3D et mené une fouille archéologique. Le matériel récolté va maintenant être analysé, et l’ensemble des travaux sera remis à la municipalité, notamment sous forme d’impression 3D, pour mettre en valeur le site.

Le Portugal, une terre de découvertes archéologiques

Ce n’est pas la première fois que le Portugal révèle des trésors archéologiques gravés dans la pierre.

Lors de la même campagne de fouilles, les archéologues ont aussi travaillé sur un autre sanctuaire de la région, la pierre d’Escrita Ride Vides, dans le village de Santa Justa. 

On y trouve des gravures d’armes métalliques (des hallebardes) datant de 2 200 à 1 700 avant J.-C. Des armes identiques ont d’ailleurs été retrouvées enfouies dans la région voisine de Macedo de Cavaleiros, comme si elles avaient été offertes à une divinité du sous-sol.

Et à seulement quelques kilomètres de là, la célèbre vallée de Côa a aussi fait l’objet de découvertes remarquables dans les années 1990.  Ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO abrite des milliers de gravures rupestres datant du Paléolithique, soit plus de 20 000 ans. C’est l’un des plus grands ensembles d’art rupestre au monde.

Des gravures similaires à celles d’Alfândega da Fé ont déjà été identifiées dans tout le nord-ouest du Portugal et jusqu’en Galice, en Espagne. 

Les chercheurs vont maintenant étudier les liens entre ces différents sanctuaires, pour mieux comprendre comment ces communautés préhistoriques vivaient et se déplaçaient dans le paysage. Il semble que le sous-sol portugais n’ait pas fini de nous surprendre…

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