Que serait le Portugal si Napoléon avait réussi son invasion ?

Entre 1807 et 1811, Napoléon a lancé trois invasions du Portugal, qui ont toutes échoué. Si la dernière avait abouti, le pays aurait cessé d’exister comme royaume indépendant, car son partage était déjà prévu à l’avance.

Newsletter

L'essentiel de l'actualité au Portugal

Recevez un résumé gratuit des actualités et faits divers qui font la une de la presse portugaise.

Trois invasions françaises en quatre ans

Le 30 novembre 1807, le général Junot entre dans Lisbonne avec des troupes épuisées. 

La famille royale portugaise avait embarqué la veille pour le Brésil, escortée par la flotte britannique, avec environ 15 000 personnes

Battus à Vimeiro le 21 août 1808, les Français quittent le pays par la convention de Sintra.

Mais le maréchal Soult revient en mars 1809 et prend Porto le 29 mars, avant d’en être chassé le 12 mai.

Finalement, la troisième tentative est la plus importante : André Masséna franchit la frontière en 1810 avec environ 65 000 hommes.

Les lignes de Torres Vedras ont brisé la troisième invasion

Le duc de Wellington a fait construire en secret, au nord de Lisbonne, deux grandes lignes de fortifications : 152 forts et 628 pièces d’artillerie, installés sur les crêtes entre le Tage et l’océan. 

Masséna découvre alors l’obstacle en octobre 1810, ce qui l’empêche d’attaquer.

L’armée française reste bloquée devant les lignes tout l’hiver et décide de repartir en mars 1811, après avoir perdu près de 25 000 hommes (de faim et de maladie).

Pendant ce temps, la marine britannique protège le Portugal et ravitaille Lisbonne par la mer, ce que les Français ne pouvaient faire par voie terrestre.

Le traité de Fontainebleau découpait le pays en trois

Signé le 27 octobre 1807 entre la France et l’Espagne, le traité de Fontainebleau organisait le partage du Portugal avant l’entrée des troupes.

Le nord (Entre-Douro-e-Minho et Trás-os-Montes) devait former la Lusitânia Setentrional, avec Porto pour capitale, et qui aurait été remise à la reine d’Étrurie. 

L’Alentejo et l’Algarve devenaient la principauté des Algarves, attribuée à Manuel Godoy, l’homme fort de Madrid. Le centre du pays, Lisbonne y compris, serait resté sous administration française.

Si la cour royale portugaise n’avait pas pris la fuite à Rio de Janeiro, le Brésil n’aurait pas été élevé au rang de royaume en 1815, ni gouverné depuis son propre territoire pendant treize ans.

Pourquoi la fuite de la cour portugaise au Brésil a sauvé le Portugal ?

Napoléon n’avait pas pour habitude ni volonté de rayer les pays de la carte, mais il prenait le contrôle de leur famille royale. 

À l’époque, un royaume, c’était d’abord son roi (le pays lui appartenait, en quelque sorte), il suffisait donc de mettre la main sur le souverain, de le pousser à renoncer officiellement à sa couronne, et le trône était libéré aux yeux du droit. 

Napoléon y installait alors un de ses frères, et l’opération semblait légale. C’est d’ailleurs ce qu’il a fait en Espagne en 1808, où il a fait venir le roi et son fils à Bayonne pour leur arracher leur abdication avant d’y placer son frère Joseph. 

En fuyant pour le Brésil quelques jours avant l’entrée des Français dans Lisbonne, le roi de Portugal a été malin. Napoléon pouvait occuper le territoire portugais (et il l’a fait), mais il n’avait personne à faire signer. 

Le roi légitime continuait de régner, hors de portée, à des milliers de kilomètres.

Newsletter

L'essentiel de l'actualité au Portugal

Recevez un résumé gratuit des actualités et faits divers qui font la une de la presse portugaise.

Tout savoir étape par étape pour préparer votre départ et éviter les pièges courants

À lire aussi

Partager cet article

💡Inscrivez-vous pour ne rien manquer sur la vie au PORTUGAL, c'est gratuit :)