Selon les dernières données de l’INSEE, 572 500 personnes nées au Portugal vivent aujourd’hui en France. Mais si on ajoute leurs enfants et leurs petits-enfants, la communauté portugaise dépasse un million et demi de personnes. Revenons sur les chiffres officiels, et les grandes dates de l’émigration des Portugais vers la France.
L'essentiel de l'actualité au Portugal
- 572 500 personnes nées au Portugal vivent en France, soit le troisième pays après l’Algérie et le Maroc ;
- En comptant les luso-descendants, la communauté est estimée à environ 1,7 million de personnes ;
- Environ 65 000 Portugais quittent le Portugal chaque année ;
- En 2026, 30 000 Portugais par an retournent vivre au Portugal, notamment grâce aux aides du gouvernement.
572 500 personnes nées au Portugal vivent aujourd'hui en France
Dans ses dernières estimations, publiées le 25 juin 2026, l’INSEE recense 7,97 millions d’immigrés en France, soit 11,6 % de la population totale.
Parmi eux, 7,2 % sont nés au Portugal, soit 572 500 Portugais.
Le Portugal reste ainsi le troisième pays de naissance des immigrés vivant en France, derrière l’Algérie (12,6 %) et le Maroc (11,7 %), et devant la Tunisie, l’Italie, la Turquie et l’Espagne.
La communauté portugaise et luso-descendante de France
En réalité, les chiffres exacts sont difficiles à fournir.
Mais les autorités avancent tout de même des ordres de grandeur :
- L’Élysée a estimé à 1,72 million le nombre de personnes luso-descendantes vivant en France (chiffre révélé à l’occasion de la visite d’État d’Emmanuel Macron au Portugal en février 2025) ;
- Le Portail diplomatique portugais retient le même ordre de grandeur, avec environ 1,7 million de personnes entre citoyens portugais et luso-descendants ;
- Les consulats portugais en France comptaient de leur côté 1 403 158 inscrits fin 2024, selon les données consulaires transmises à l’observatoire de l’émigration.
Quoi qu’il en soit, la France accueille la plus grande communauté portugaise d’Europe.
Le nombre de Portugais nés au Portugal diminue depuis dix ans
La population née au Portugal ne progresse plus en France. Elle recule, doucement mais régulièrement.
Le pic récent date de 2016, avec 621 986 personnes nées au Portugal résidant en France. Depuis, on relève 610 206 portugais en 2018, 588 600 en 2020, 566 000 en 2024, 572 500 en 2025.
Les autorités expliquent cette baisse principalement par le vieillissement.
En 2023, 56,7 % des personnes nées au Portugal et résidant en France avaient plus de 55 ans. C’est une communauté installée depuis longtemps, arrivée pour l’essentiel entre 1960 et 1975, et qui atteint aujourd’hui l’âge de la retraite.
Environ 65 000 Portugais quittent le Portugal chaque année
Le Portugal reste aujourd’hui un pays d’émigration.
Dans son rapport publié le 18 décembre 2025, l’Observatório da Emigração (rattaché à l’ISCTE, à Lisbonne) estime que 65 000 Portugais ont émigré en 2024, soit 5 000 de moins que l’année précédente.
En 2013, au plus fort de la crise, 110 000 Portugais avaient quitté le pays cette année-là.
Au total, environ 1,8 million de Portugais natifs vivent en permanence à l’étranger, dont près de 1,3 million en Europe.
Les destinations ont changé au fil du temps, mais elles restent européennes :
- Suisse : 12 388 entrées en 2024 ;
- Espagne : 11 332 ;
- France : 8 088 ;
- Allemagne : 7 410 ;
- Royaume-Uni : 2 766 actuellement, contre plus de 32 000 en 2015, avant le Brexit.
L’Observatoire note aussi que les professions non qualifiées privilégient la Suisse, l’Espagne, la France et l’Allemagne, alors que les diplômés du supérieur ont tendance à se diriger vers les pays nordiques et les Pays-Bas.
La France reste le troisième pays de destination des émigrés portugais
Avec 8 088 entrées de Portugais en 2024, soit une hausse de 8,9 % sur un an, la France est le troisième pays d’accueil des Portugais (derrière la Suisse et l’Espagne).
Mais quelques années plus tôt, en 2012, ils étaient 19 658 à s’installer en France, et 18 803 en 2013.
- Bon à savoir
Ces données sont mises à jour chaque année par l’Observatório da Emigração à partir d’Eurostat et de l’INSEE. La dernière actualisation de la fiche France remonte au 17 août 2026.
Le lien France-Portugais commence en 1916, avec un accord de main-d'œuvre
L’histoire portugaise en France est plus ancienne que la vague des années 1960 qu’on évoque souvent.
Le 16 octobre 1916, la France et le Portugal signent leur premier accord de main-d’œuvre. Le pays a besoin de bras pendant la Première Guerre mondiale, et le Portugal envoie à la fois des travailleurs et son Corps expéditionnaire, engagé dans les Flandres.
En hommage à ces soldats, le Conseil municipal de Paris rebaptise une rue avenue des Portugais le 14 juillet 1918. Elle porte toujours ce nom, à deux pas de l’Arc de Triomphe.
En 1956, on ne compte encore qu’environ 30 000 Portugais en France.
La véritable vague d’émigration vers la France débute vers 1969
Dans les années 60, le Portugal sous la dictature de Salazar est pauvre, rural, et engagé dans la guerre coloniale. De son côté, la France se reconstruit et manque de main-d’œuvre.
La véritable vague d’émigration commence alors à ce moment-là et la France dénombre 50 000 Portugais en 1962, 300 000 en 1968, puis 120 000 arrivées par an en 1969 et 1970.
Il faut savoir que sur ces 120 000 personnes, seules 8 000 environ entraient légalement.
Oui, car le régime portugais freinait l’émigration et sanctionnait les départs clandestins (malgré l’accord de main-d’œuvre signé avec la France en décembre 1963).
Des centaines de milliers de personnes sont donc parties « a salto » vers les passages clandestins de la frontière espagnole. Ils ont traversé les Pyrénées à pied, puis sont arrivés jusqu’à Paris.
Au recensement de 1975, on comptait 750 000 Portugais en France. Ils formaient alors la première communauté étrangère du pays.
L'entrée dans l'Europe a transformé la nature des départs
Progressivement, l’histoire de l’émigration portugaise vers la France s’est transformée. On peut retenir quelques périodes importantes.
1974 : la Révolution des Œillets (25 avril 1974) met fin à la dictature. En janvier 1975, les restrictions à l’obtention d’un passeport sont levées au Portugal. Au même moment, la France suspend l’immigration de travail, dans un contexte économique dégradé.
1986 : le Portugal rejoint la Communauté économique européenne. La libre circulation remplace peu à peu le passage clandestin, et l’émigration devient un choix légal.
2011-2013 : la crise financière et le plan d’aide international relancent les départs, avec un pic à 110 000 sorties en 2013. Cette vague-là est plus jeune, plus diplômée, et se dirige davantage vers le Royaume-Uni et la Suisse que vers la France.
Depuis, le Portugal reçoit désormais plus d’habitants qu’il n’en perd.
Aujourd’hui, environ 30 000 Portugais par an reviennent au pays
En 2026, la situation économique du Portugal est largement stabilisée. Le salaire moyen portugais a augmenté de près de 25 % ces 5 dernières années. Il atteint désormais 1 611€ en 2026.
De ce fait, environ 30 000 émigrés portugais retournent vivre au Portugal chaque année selon l’INE. C’est deux fois plus qu’en 2021 et la vague de retour ne fait qu’augmenter.
Contrairement aux idées reçues, la majorité des Portugais qui reviennent sont en âge de travailler. Depuis 2019, le gouvernement portugais a mis en place une aide financière pour accompagner ceux qui souhaitent revenir, c’est le programme Regressar.
Si ce dispositif s’achève fin 2026, le gouvernement a décidé de le renforcer dès 2027 en rendant éligibles les retraités : il s’agira du programme Voltar, dont on attend encore les conditions exactes.
Elenina
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