Des chercheurs portugais prouvent que l’énergie stockée dans la roche peut alimenter une ville

Une étude publiée en août 2026 dans la revue scientifique Geoenergy montre que les roches poreuses situées entre 1 000 et 2 500 mètres de profondeur peuvent stocker de l’électricité renouvelable à grande échelle. Un seul réservoir souterrain atteindrait 1 térawattheure, de quoi alimenter une petite ville.

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Les roches adaptées au stockage de l’énergie renouvelable

Le travail a été mené par le centre GeoBioTec de la Faculté des sciences et technologies de l’Université NOVA de Lisbonne et par l’Instituto Dom Luiz de l’Université de Lisbonne.

Il repose sur des modèles théoriques qui croisent la porosité des roches, la pression, la température et le volume d’énergie stockable à différentes profondeurs. C’est la première fois que l’effet de la profondeur est mesuré de cette manière.

Un précédent travail de la même équipe avait identifié que la bande côtière entre Torres Vedras et Aveiro était la zone du pays qui se prêtait le mieux à l’opération. Les roches sédimentaires sont riches en sable poreux.

Injecter de l’air comprimé dans le sous-sol

Le surplus d’électricité éolienne, solaire ou hydraulique sert à comprimer de l’air atmosphérique, qui est ensuite injecté dans les pores de la roche. Quand la demande remonte, l’air est libéré et actionne des turbines.

Le procédé n’utilise que de l’air, ce qui écarte les risques liés au stockage souterrain d’hydrogène ou de dioxyde de carbone.

Il faut savoir que les États-Unis, la Chine et l’Allemagne pratiquent déjà cette technique, mais dans des cavernes de sel, dont la capacité est inférieure. Ce type de stockage de longue durée est jugé déterminant pour rétablir le réseau après une panne généralisée, comme le black-out qui a touché le Portugal et l’Espagne en avril 2025.

La loi portugaise n’autorise pas encore les essais

Le géologue Ricardo Pereira, coordinateur de l’étude, a indiqué à l’agence Lusa que la législation portugaise ne permet ni de mettre en œuvre ce stockage, ni de le tester. Une réglementation reste donc à écrire.

L’équipe prévoit une prochaine étape de prélèvement d’échantillons de roche pour analyse en laboratoire, afin d’affiner les modèles.

Cependant, dans les grandes villes, la technologie ne suffirait pas à assurer l’autonomie énergétique. Selon le chercheur, cinq à dix unités de stockage permettraient surtout de réduire la consommation de gaz.

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