La mairie de Lisbonne vient d’annoncer l’installation de deux nouvelles sirènes d’alerte au tsunami. Derrière cette décision se cache un avertissement de l’Unesco. Mais certaines zones sont plus à risque que d’autres dans le pays.
L'essentiel de l'actualité au Portugal
- Lisbonne vient d’installer deux nouvelles sirènes d’alerte au tsunami ;
- L’Unesco estime à près de 100 % la probabilité qu’un tsunami d’au moins un mètre survienne au Portugal dans les 30 prochaines années ;
- L’Algarve est la zone la plus exposée ;
- Loulé et Cascais sont les deux premières communes portugaises certifiées « Tsunami Ready » par l’Unesco.
Lisbonne passe à six sirènes d’alerte sur son front de fleuve
La mairie de Lisbonne a annoncé le 27 août 2026 le renforcement de son système d’avertissement au tsunami.
Les deux nouvelles sirènes seront placées au Jardim Sá da Bandeira (paroisse de Misericórdia) et à la gare de Santa Apolónia, près du Museu do Lactário (Santa Maria Maior). Cette dernière permettra aussi de couvrir la population de São Vicente.
Dans le même temps, la mairie vient de déplacer la sirène actuellement installée dans les locaux de la Marine, vers le Miradouro do Chão do Loureiro.
L’objectif est d’améliorer la propagation du son dans les plus fréquentés de la ville.
Avec ces changements, Lisbonne disposera désormais de six sirènes.
Le choix de ces emplacements découle d’études acoustiques et de l’évaluation de l’exercice LisbonWave26, la simulation grandeur nature organisé le 24 mars dernier, qui avait révélé plusieurs angles morts sonores.
- Bon à savoir
Pendant l’exercice de mars, les sirènes ont diffusé une séquence de sons suivie d’un message vocal en portugais et en anglais. Lisbonne compte par ailleurs 86 points de rencontre d’urgence, répartis dans toutes les paroisses de la ville. Le système doit permettre d’alerter la population environ 30 minutes avant l’arrivée de la vague, le temps de rejoindre les zones en hauteur.
L’Unesco évoque un tsunami inévitable, mais pas imminent
Selon l’Unesco, la probabilité qu’un tsunami d’au moins un mètre de hauteur se produise au cours des 30 prochaines années est proche de 100 %.
L’alerte a été lancée en 2022, lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan qui se tenait à Lisbonne. Elle repose sur les modèles géologiques et sur l’historique sismique et volcanique de la zone.
Néanmoins, il n’a pas été évoqué de manière imminente.
- Bon à savoir
Ces estimations doivent être maniée avec précaution. Le site portugais de vérification ContraProva a rappelé que l’estimation de l’Unesco porté sur l’ensemble du bassin méditerranéen et que les projections de l’institut portugais de la mer et de l’atmosphère (l’IPMA), estimaient plutôt un horizon de 500 ans.
Le Portugal est entouré de six zones à risque
Le Portugal continental est bordé par plusieurs zones sismiquement actives au large, et qui seraient capables de produire un séisme majeur, suivi d’un tsunami.
Le tremblement de terre du 1er novembre 1755 avait généré l’un des tsunamis les plus destructeurs de l’histoire européenne : les vagues ont balayé la Baixa de Lisbonne et ravagé le littoral algarvien.
Interrogé par l’agence Lusa, le spécialiste des tsunamis de l’IPMA, Rachid Omira affirmait que le risque de tsunami n’était pas faible au Portugal.
L’Algarve dispose de moins de 30 minutes pour réagir
D’après les modèles de l’IPMA et l’évaluation nationale des risques de la Protection civile portugaise, les zones les plus exposées sont les suivantes :
- L’Algarve, en première ligne. Lagos, Portimão, Albufeira, Faro ou Vila Real de Santo António pourraient être atteintes 20 à 30 minutes après un séisme de forte magnitude au large, et certains scénarios descendent même à 15 minutes ;
- Les estuaires du Tage et du Sado, particulièrement vulnérables à cause de leur morphologie. L’estuaire du Tage forme un entonnoir qui peut canaliser et amplifier l’énergie de la vague vers l’intérieur, jusqu’à Alcântara, Cais do Sodré ou Belém ;
- La péninsule de Setúbal et la péninsule de Tróia, très basses et très proches du trait de côte, avec une arrivée estimée autour de 35 minutes ;
- La côte ouest, entre le cap Saint-Vincent et Peniche, Sines, la frange littorale alentejane, Nazaré ou Figueira da Foz ;
- Les Açores, notamment São Miguel et Santa Maria, situées près de la jonction de trois plaques tectoniques ;
- Madère, où des glissements de terrain sous-marins peuvent provoquer des tsunamis localisés, avec Funchal, Câmara de Lobos et Ponta do Sol en ligne de mire.
Dans son scénario de référence calqué sur 1755, la Protection civile portugaise estime que le nord du pays serait touché environ une heure et demie après la secousse principale, avec une intensité plus faible.
Deux communes portugaises sont déjà certifiées par l’Unesco
Depuis 2017, le Portugal dispose d’un centre d’alerte aux tsunamis hébergé par l’IPMA.
Ce centre est reconnu par l’Unesco depuis 2019, et il surveille en permanence l’activité sismique et le niveau de la mer grâce à des stations sismologiques, des marégraphes et des bouées océaniques. C’est l’un des cinq centres accrédités de la région, avec ceux de la France, de l’Italie, de la Grèce et de la Turquie.
Le pays participe aussi aux exercices régionaux coordonnés par l’Unesco. Le dernier, NEAMWave26, s’est déroulé du 3 au 24 mars 2026.
Deux communes portugaises ont aussi décroché la certification internationale « Tsunami Ready » de l’Unesco, qui repose sur 12 critères : cartographie du risque, plan d’évacuation signalisé, plan d’urgence approuvé, réception et diffusion des alertes 24 heures sur 24, sensibilisation régulière de la population. Il s’agit de Loulé et de Cascais.
- Bon à savoir
Au niveau national, l’alerte à la population passe encore par un SMS géolocalisé envoyé par la Protection civile (expéditeur AvisoPROCIV). Le système de diffusion cellulaire, plus rapide et automatique, est à l’étude depuis 2023 mais n’est toujours pas en service. Si vous avez un téléphone Android, le système d’alerte sismique de Google est actif au Portugal et peut vous prévenir quelques secondes avant la secousse.

Elenina
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