Le Portugal est le deuxième pays le plus vieux de l’Union européenne. Le problème, c’est que la tendance ne devrait pas s’inverser dans les années à venir. Alors pour préparer le pays à cette situation, le gouvernement crée un Parlement du vieillissement qui se réunira pour la première fois en octobre 2026.
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- Le Portugal se dote d’un Parlement du vieillissement, première assemblée citoyenne entièrement consacrée à ce sujet ;
- Il réunira 60 membres répartis en 6 commissions, et se réunira pour la première fois en octobre 2026 ;
- L’objectif est de produire 10 propositions rassemblées pour préparer le pays au vieillissement ;
- Le Portugal compte désormais 188,8 personnes âgées pour 100 jeunes, contre 178,3 en 2021.
Un parlement entièrement consacré au vieillissement
Le projet de ce parlement a été créé par Ricardo Pocinho, président de l’ANGES et professeur à l’Université de Leiria et Ouest.
L’idée est de réunir la société civile dans un format parlementaire pour débattre du vieillissement et proposer de véritables politiques publiques.
Cette assemblée réunira des universitaires, des organisations sociales, des professionnels de santé, des mairies, des familles ainsi que des personnes âgées.
En revanche, ce parlement n’est pas une institution de l’État et il n’aura aucun pouvoir législatif. C’est une assemblée citoyenne dont la mission est de formuler des propositions qui seront transmises aux décideurs politiques.
Le pays compte près de 19 personnes âgées pour 10 jeunes
Selon les dernières estimations de l’INE (l’Institut national de la statistique portugais), publiées en juin 2026, l’indice de vieillissement atteint 188,8 personnes âgées pour 100 jeunes en 2025 (contre 178,3 en 2021). L’âge médian de la population au Portugal est de 45,8 ans et la part des moins de 15 ans est descendue à 12,4 % de la population totale.
D’ici 2100, l’INE estime que l’indice de vieillissement pourrait grimper à 316 personnes âgées pour 100 jeunes, tandis que la population en âge de travailler passerait de 6,8 à 4,2 millions de personnes.
Le président de la République António José Seguro a d’ailleurs rappelé début juin qu’en 2050, le Portugal sera le 4ᵉ pays au monde avec la plus forte proportion de personnes de plus de 65 ans.
Le Statut de la personne âgée privilégie le maintien à domicile
La première réponse déjà en vigueur est la création d’un statut de personne âgée. Cette réforme a déjà été publiée au Journal officiel le 25 février 2026 (loi n° 7/2026) et est applicable depuis mars 2026.
Le texte regroupe dans un seul document des droits qui étaient jusqu’ici éparpillés dans des dizaines de lois.
Dans les grandes lignes, on retrouve notamment :
- La priorité au maintien à domicile, pour retarder autant que possible l’entrée en maison de retraite ;
- L’élargissement de la téléassistance sur tout le territoire ;
- Un accueil prioritaire dans les services publics et privés ;
- La protection contre la violence, la négligence et l’abandon ;
- L’interdiction de discriminer un locataire en raison de son âge ;
- L’accès aux universités seniors, au bénévolat et au tourisme senior.
Le statut s’applique à toute personne qui réside au Portugal et atteint l’âge légal de la retraite, soit 66 ans et 9 mois en 2026.
Les revenus des retraités les plus modestes ont été relevés
En parallèle, le gouvernement de Luís Montenegro a choisi de jouer sur les revenus.
Le Complément solidaire pour les personnes âgées (Complemento Solidário para Idosos, ou CSI) a été relevé au 1ᵉʳ janvier 2026. Sa valeur de référence passe de 630 à 670 € par mois.
L’objectif est d’atteindre 870 € en 2029, puis de l’aligner sur le salaire minimum.
Les bénéficiaires du CSI ont droit à la gratuité des médicaments remboursables sur ordonnance.
Enfin, le projet d’une bourse d’aidant a été annoncé en janvier 2026. Ce projet pilote d’un an est actif dans 18 communes. Il permet de réserver des places en centre de jour et en aide à domicile pour permettre aux aidants familiaux de souffler.
“C’est une bombe à retardement”. Le manque de places en maison de retraite reste la grande difficulté
Le 4 juin 2026, lors du congrès national des Misericórdias à Braga, le président António José Seguro a qualifié le vieillissement du pays de « bombe à retardement ».
Il rappelait que selon l’OCDE, le Portugal est le 3ᵉ pays de l’Union européenne avec le moins de lits en maison de retraite. Et dans le privé, c’est-à-dire sans aide de l’État, une place coûte deux fois et demie le montant d’une retraite moyenne.
De son côté, le Premier ministre a répondu que le gouvernement mène déjà une stratégie transversale, avec la hausse des revenus, et le renforcement des réponses sociales ainsi que le développement des soins à domicile.

Elenina
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