Il était 3h08 ce lundi 10 août quand la terre a tremblé dans le sud du pays. Un séisme de magnitude 3,5 sur l’échelle de Richter, dont l’épicentre se situait à une vingtaine de kilomètres à l’est d’Odemira, a réveillé une partie de l’Alentejo. Aucun dégât n’a été signalé, mais la secousse a été suffisamment forte pour être ressentie dans plusieurs communes.
L'essentiel de l'actualité au Portugal
- Un séisme de magnitude 3,5 a été enregistré à 3h08, à environ 18 km à l’est d’Odemira ;
- Il a été ressenti avec une intensité maximale IV dans le concelho d’Ourique, et plus faiblement à Almodôvar et Santiago do Cacém ;
- Aucun dégât matériel ni victime n’a été signalé, selon l’IPMA ;
- Les sismologues rappellent qu’une secousse de cette magnitude n’annonce pas un séisme majeur.
Un séisme de magnitude 3,5 enregistré à 3h08 à l'est d'Odemira
C’est l’IPMA (l’Instituto Português do Mar e da Atmosfera, l’équivalent portugais de Météo-France) qui a communiqué les données de la secousse dans la nuit de dimanche à lundi.
Le séisme a été enregistré à 3h08, avec une magnitude de 3,5 sur l’échelle de Richter. Son épicentre se situait à environ 18 kilomètres à l’est d’Odemira, dans le district de Beja.
Il a été ressenti dans trois communes :
- Ourique (district de Beja), la commune la plus proche de l’épicentre, où la secousse a été la plus marquée ;
- Almodôvar (district de Beja) ;
- Santiago do Cacém (district de Setúbal).
À l’heure où j’écris ces lignes, aucun dégât personnel ou matériel n’a été rapporté, précise l’IPMA dans l’information relayée par l’agence de presse portugaise Lusa.
L'intensité IV explique pourquoi certains habitants se sont réveillés
Quand on parle d’un séisme, deux notions sont à prendre en compte : la magnitude et l’intensité.
La magnitude (3,5 ici) mesure l’énergie libérée par le séisme. Elle est unique pour chaque secousse.
L’intensité, elle, mesure ce que les gens ont réellement ressenti sur le terrain. Elle varie donc d’une commune à l’autre, selon la distance à l’épicentre et la nature du sol. C’est l’échelle de Mercalli modifiée qui sert de référence, graduée de I à XII.
Cette nuit, l’intensité maximale relevée a été de IV à Ourique :
- Les objets suspendus se balancent ;
- La vibration ressemble à celle provoquée par le passage d’un poids lourd, ou à un choc sourd contre un mur ;
- Les voitures garées bougent légèrement ;
- Les fenêtres, les portes et la vaisselle tremblent, et les verres s’entrechoquent.
Il s’agit donc d’un séisme très perceptible, surtout en pleine nuit dans une maison silencieuse.
- Bon à savoir
Sur l’échelle de Richter, un séisme est qualifié de « micro » en dessous de 2,0, de « très petit » entre 2,0 et 2,9, et de « petit » entre 3,0 et 3,9. La secousse de cette nuit entre donc dans la catégorie des petits séismes, ceux qui se produisent régulièrement au Portugal.
Un second séisme a été enregistré la même nuit au large du cap Saint-Vincent
L’IPMA a également enregistré, à 0h13, un séisme de magnitude 2,5 dont l’épicentre se situait à environ 6 kilomètres à l’est-sud-est du cap Saint-Vincent (Cabo de São Vicente), à la pointe sud-ouest de l’Algarve.
Mais celui-là est passé totalement inaperçu : l’institut n’a reçu aucun signalement indiquant qu’il ait été ressenti par la population.
Deux secousses en une nuit dans le sud du pays, peuvent impressionner. Mais en réalité, c’est le quotidien de la surveillance sismique portugaise : le réseau de l’IPMA enregistre plusieurs dizaines d’événements chaque semaine sur le territoire, dont l’immense majorité est trop faible pour être perçue.
Le sud du Portugal est la région la plus sismique du pays
Le Portugal continental se trouve à proximité de la frontière entre la plaque eurasienne et la plaque africaine, la zone de fracture Açores-Gibraltar, qui passe au large du sud-ouest du pays. C’est de là que sont partis les deux séismes les plus marquants de l’histoire portugaise récente :
- Le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, suivi d’un tsunami et d’incendies, l’une des catastrophes les plus meurtrières de l’histoire européenne ;
- Le séisme de 1969, de magnitude proche de 8, dont l’épicentre se situait dans la plaine abyssale du Fer à Cheval, non loin du banc de Gorringe.
Il existe aussi des failles actives à terre. L’Algarve est traversée par les failles de Portimão, Quarteira et Faro-Loulé. Et tout l’Alentejo est parcouru, du sud-ouest au nord-est, par la faille de Messejana, l’une des grandes structures géologiques du sud du pays.
Un séisme de magnitude 3,5 n'annonce pas un séisme majeur
Le sismologue Luis Matias, cité par CNN Portugal, propose une image parlante pour comprendre le risque qui suit une petite secousse. Imaginez la croûte terrestre comme un tas de sable sur lequel on laisse tomber des grains un à un. À un moment, un grain finit par déclencher une avalanche, qui peut être minuscule ou énorme selon la taille du tas et l’énergie accumulée. Les petits séismes, ce sont les grains qui tombent au quotidien. Les grands séismes, ce sont les avalanches, et elles se produisent sur les grandes failles tectoniques.
Ainsi, les petits séismes sont fréquents et ne signalent pas nécessairement une menace imminente.
L’IPMA rappelle de son côté qu’une même faille peut produire, au cours de son histoire, des séismes petits, moyens et grands, et que cette répartition fait partie de sa nature.
Elenina
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