Affaire des jumelles : le scandale qui inquiète les Portugais 

La justice portugaise vient de mettre en accusation le fils de l’ancien président Marcelo Rebelo de Sousa dans l’affaire des jumelles. Il est soupçonné d’avoir utilisé le nom de son père pour faire soigner à Lisbonne deux fillettes vivant au Brésil, avec un médicament à 2 millions d’euros par enfant.

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L’affaire des jumelles a commencé en 2019

L’affaire des jumelles concerne deux sœurs brésiliennes atteintes d’une maladie neuromusculaire grave. Elles ont reçu le Zolgensma, l’un des médicaments les plus chers au monde, à l’hôpital Santa Maria de Lisbonne.

Selon le parquet, tout part d’une demande de Nuno Rebelo de Sousa en octobre 2019 (le fils de l’ancien président portugais). Ses e-mails, envoyés à son père alors président, ont été transmis au ministère de la Santé.

Le secrétaire d’État à la Santé de l’époque, António Lacerda Sales, les a ensuite fait suivre au directeur clinique de l’hôpital, Luís Pinheiro, en sachant qu’ils venaient du fils du président.

Autrement dit, la consultation a été obtenue sans respecter les règles de prise de rendez-vous des hôpitaux publics.

Quatre personnes sont mises en accusation

Nuno Rebelo de Sousa, António Lacerda Sales et Luís Pinheiro sont poursuivis pour abus de pouvoir.

La mère des jumelles est accusée d’escroquerie aggravée, non pas pour le médicament, mais pour des fauteuils spéciaux pris en charge par le service national de santé (SNS). 

Tous contestent. Avant un éventuel procès, les accusés peuvent demander une phase d’instruction, où un juge vérifie si les preuves suffisent pour les juger.

L’affaire est devenue le symbole du piston

Au Portugal, on appelle « cunha » ce coup de pouce obtenu grâce à ses relations. 

L’affaire des jumelles est devenue le symbole de ce phénomène, car elle touche à la fois la présidence et l’hôpital public (qui rencontre actuellement des difficultés).

Dès 2024, l’inspection générale de la santé avait conclu que l’accès des fillettes à la consultation était illégal. 

Une commission d’enquête parlementaire a ensuite entendu des dizaines de personnes et pointé une intervention spéciale des services de la présidence, sans illégalité.

Marcelo Rebelo de Sousa n’est pour l’instant pas poursuivi. Il a réagi en rappelant que personne n’est au-dessus de la loi.

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