Immobilier au Portugal : malgré la hausse des prix, 94 % des biens se vendent en moins d’un an

Selon une analyse publiée le 6 août 2026 par le portail Idealista, 94 % des logements mis en vente au Portugal quittent le marché en moins d’un an. Près d’un logement sur dix part en moins d’une semaine. Une nouvelle plutôt étonnante, d’autant plus quand on sait que les prix ont bondi ces dernières années.

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L'info en bref
  • Au 2ᵉ trimestre 2026, 10 % des logements mis en vente au Portugal sont partis en moins de sept jours, selon Idealista ;

  • Au total, 94 % des annonces disparaissent en moins d’un an et seulement 6 % restent en ligne plus de douze mois ;

  • Aveiro, Coimbra et Porto sont les villes où les ventes sont les plus rapides, Lisbonne se situe loin derrière ;

  • Ces chiffres s’expliquent par la pénurie de logements : l’offre à la vente a encore reculé de 6 % en un an.

Neuf logements sur dix trouvent preneur en moins d'un an au Portugal

Idealista, le plus grand portail immobilier du sud de l’Europe, a analysé la durée de vie des annonces publiées sur son site au deuxième trimestre 2026.

Voici comment se répartissent les biens qui ont quitté le marché selon la plateforme :

  • 10 % en moins d’une semaine ;

  • 18 % entre une semaine et un mois ;

  • 31 % entre un et trois mois ;

  • 35 % entre trois mois et un an ;

  • 6 % seulement sont restés en vente plus d’un an.

Autrement dit, 59 % des logements trouvent preneur en moins de trois mois, et la quasi-totalité du stock (94 %) est vendue en moins de douze mois.

Ces chiffres mesurent la disparition des annonces, pas les actes notariés. Un bien peut aussi être retiré parce que le vendeur a changé d’avis ou a confié le mandat à une autre agence. La tendance reste toutefois un bon indicateur du rythme du marché.

Aveiro, Coimbra et Porto sont les villes où on vend le plus vite

Parmi les capitales de district et de régions autonomes, ce sont Aveiro, Coimbra et Porto qui affichent les délais de vente les plus rapides, avec 11 % des annonces retirées en moins de sept jours.

On retrouve ensuite :

  • Braga : 10 %

  • Funchal : 9 %

  • Beja, Faro, Leiria et Viana do Castelo : 8 % chacune

  • Ponta Delgada et Santarém : 7 %

  • Setúbal et Viseu : 6 %

  • Lisbonne : 5 %

  • Castelo Branco : 3 %, le score le plus faible du pays

Les ventes prennent plus de temps dans l'intérieur du pays et aux Açores

À l’autre bout du classement, on trouve les marchés où les biens patientent plusieurs mois avant de trouver un acheteur.

C’est Ponta Delgada qui détient le record, avec 53 % des logements y sont vendus dans une fourchette de trois mois à un an. Suivent Santarém (47 %), Castelo Branco (44 %), Viana do Castelo (42 %), Lisbonne (40 %) et Beja (39 %).

Par district, le constat est le même sur l’île de São Miguel (51 %), à Vila Real (48 %), à la Guarda (44 %), à Évora (41 %) et à Castelo Branco (40 %).

La capitale n’est donc pas la ville où on vend le plus vite, loin de là. Les prix y sont tellement élevés (3 836 €/m² pour la région du Grand Lisbonne, selon l’INE) que le nombre d’acheteurs capables est forcément plus bas.

La pénurie de logements explique cette tendance, malgré la flambée des prix

On a tous été surpris par l’envolée des prix de l’immobilier au Portugal. Ces 10 dernières années, les prix des biens portugais ont été multipliés par 3.

Au premier trimestre 2026, le prix médian des logements vendus au Portugal a atteint 2 337 € par mètre carré, soit le niveau le plus haut jamais enregistré, après une hausse de 19,8 % sur un an (source : INE). 

Alors comment expliquer que les biens continuent de partir en quelques semaines ?

Au Portugal, il n’y a tout simplement pas assez de logements sur le marché. Toujours selon Idealista, l’offre de biens à vendre au Portugal a encore baissé de 6 % au deuxième trimestre 2026, après un recul de 14 % au trimestre précédent. 

Les baisses les plus fortes concernent Funchal (-33 %), Faro (-27 %) et Porto (-19 %).

Les vendeurs n’ont aucune raison de négocier les prix. Une analyse du même portail montrait d’ailleurs début 2026 que seuls 8 % des annonces avaient revu leur prix à la baisse.

Les mesures du gouvernement sur la nouvelle réforme du logement (TVA à 6 % sur la construction, simplification des permis) vont dans le bon sens pour le marché, mais elles mettront plusieurs années à se traduire par de nouveaux logements disponibles.

De plus, les frais de notaire sont désormais plus élevés pour les non-résidents portugais.

Les acheteurs sont avant tout des ménages portugais

On imagine souvent que ce sont les étrangers qui font monter les prix de l’immobilier au Portugal. Mais visiblement, ce n’est pas le cas.

Selon l’INE, 95,3 % des logements vendus au Portugal au premier trimestre 2026 l’ont été à des acheteurs ayant leur domicile fiscal au Portugal. Les acheteurs domiciliés à l’étranger représentent 1 770 transactions, soit moins de 5 % du total, un chiffre en baisse de 15,6 % sur un an.

En revanche, les acheteurs étrangers pèsent plus lourd en valeur : ils achètent à 3 000 €/m² en moyenne, contre 2 313 €/m² pour les résidents, ce qui est cohérent au regard du salaire moyen au Portugal.

Il faut aussi rappeler que depuis 2024, les moins de 35 ans qui achètent leur première résidence principale bénéficient d’une exonération d’IMT (une part importante des frais de notaire) et d’une garantie publique qui peut atteindre jusqu’à 100 % du bien.

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