Fiscalité au Portugal : l’impôt est-il plus cher qu’en France ?

De nombreux Français installés au Portugal découvrent leur première note fiscale pendant l’été. A première vue, à salaire équivalent, l’impôt sur le revenu portugais est plus lourd que l’impôt français. Mais les cotisations sociales sont deux fois moins élevées et il existe des réductions. Revenons sur ce qui explique cet écart.

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L'info en bref
  • Le solde de l’IRS (l’impôt sur le revenu portugais) sur les revenus 2025 doit être réglé avant le 31 août 2026 ;

  • Le Portugal compte 9 tranches d’imposition et taxe dès le premier euro, contrairement à la France ;

  • Un taux de 43,1 % s’applique dès 41 629 € de revenu imposable au Portugal ;

  • Les factures avec NIF et les déductions à la collecte restent le principal moyen de faire baisser la note.

La date limite pour payer l’IRS 

Si vous êtes résident fiscal au Portugal, vous avez déclaré vos revenus 2025 entre le 1ᵉʳ avril et le 30 juin 2026. L’administration fiscale a ensuite jusqu’au 31 juillet pour émettre votre avis d’imposition (nota de liquidação).

Le paiement de l’impôt se fait avec la référence Multibanco figurant sur votre avis. 

Vous pouvez aussi payer par home banking, dans un guichet des Finances, dans un distributeur de retrait ou dans un bureau de poste (CTT).

Si le montant est trop important d’un coup, l’administration fiscale accepte un paiement échelonné. La demande se fait sur le portail des finances, dans les 15 jours qui suivent la fin du délai de paiement.

Le Portugal taxe dès le premier euro

En France, le barème de l’impôt compte 5 tranches et la première est à 0 %. Autrement dit, vous ne payez rien sur les 11 600 premiers euros de revenu par part.

Un minimum d’existence protège par ailleurs les bas salaires (fixé à 920 € en 2026).

Au Portugal, le barème compte 9 tranches et il n’existe aucune tranche à 0 %. Dès le premier euro de revenu imposable, le taux de 12,5 % s’applique.

Voici les taux qui s’appliquent en 2026 sur les revenus 2025 :

  • Jusqu’à 8 059 € : 12,5 %

  • De 8 059 € à 12 160 € : 16 %

  • De 12 160 € à 17 233 € : 21,5 %

  • De 17 233 € à 22 306 € : 24,4 %

  • De 22 306 € à 28 400 € : 31,4 %

  • De 28 400 € à 41 629 € : 34,9 %

  • De 41 629 € à 44 987 € : 43,1 %

  • De 44 987 € à 83 696 € : 44,6 %

  • Au-delà de 83 696 € : 48 %

Autrement dit, un contribuable portugais atteint le taux marginal de 43,1 % dès 41 629 € de revenu imposable. En France, il faut dépasser 84 578 € pour entrer dans la tranche à 41 %.

Il s’agit évidemment, comme en France, d’un impôt progressif (le taux s’applique sur la tranche supérieure du revenu et pas sur la totalité). Le Portugal applique aussi une déduction automatique de 4 462,15 € pour les revenus 2025 (si vos cotisations sociales dépassent ce montant, c’est le montant réel qui s’applique).

À salaire égal, l’écart dépasse 3 000 euros par an (pour l’impôt)

Si on prend un célibataire sans enfant, salarié, avec 30 000 € brut par an, les deux systèmes fiscaux sont totalement différents :

  • Au Portugal : après la déduction, le revenu imposable atteint environ 25 538 €. L’impôt calculé avant déductions s’élève à près de 5 000 €, soit environ 17 % du salaire brut.
  • En France : pour le même salaire, après cotisations et abattement de 10 %, on atteint un impôt d’environ 1 100 € avant décote, soit à peine 4 % du brut.

L’écart dépasse donc 3 500 € par an sur un salaire moyen. Il se creuse encore pour les revenus supérieurs : à 46 000 € brut, on est autour de 10 000 € au Portugal contre environ 3 100 € en France.

Mais ces montants sont calculés avant les déductions à la collecte au Portugal et avant les réductions et crédits d’impôt français. Ils donnent un ordre de grandeur.

Les cotisations sociales sont deux fois moins élevées au Portugal

En France, un salarié français laisse autour de 22 % de son salaire brut en cotisations sociales.

Au Portugal, la cotisation salariale à la Sécurité sociale est de 11 %, soit deux fois moins. Ce qui n’est pas prélevé sur la fiche de paie l’est donc en grande partie par l’impôt.

Quand on additionne le tout, l’écart se resserre. Selon l’OCDE, le poids total des impôts et cotisations sur le coût du travail est d’environ 39,6 % au Portugal, contre près de 47 % en France.

Pour les indépendants au Portugal, le taux des cotisations sociales varie environ entre 21% et 25%. Mais attention, contrairement à la France, le taux ne s’applique pas sur 100 % du chiffre d’affaires. 

Pour un freelance en prestation de services par exemple, le taux s’applique après une déduction de 30 % (faites le calcul, ça change considérablement le résultat final. Mais j’y reviendrai un peu plus tard dans un prochain article).

Le NIF sur les factures est le premier levier pour payer moins

Vous le savez certainement. Au Portugal, à chaque achat, certains donnent leur numéro d’identification fiscale (NIF). L’objectif est que la facture soit enregistrée dans le système e-Fatura et vienne réduire l’impôt l’année suivante.

On dit que ces réductions sont des déductions à la collecte : elles se soustraient directement de l’impôt calculé, et non du revenu. 

Un euro déduit, est un euro d’impôt en moins (mais malheureusement, elles sont plafonnées).

Voici les principales réductions possibles, telles qu’elles s’appliquent en 2026 :

  • Dépenses générales et familiales (courses, électricité, eau, gaz, télécoms, carburant, vêtements) : 35 % des sommes, jusqu’à 250 € par contribuable, soit 500 € pour un couple. Les familles monoparentales déduisent 45 %, jusqu’à 335 € ;

     

  • Santé : 15 % des dépenses, jusqu’à 1 000 € par foyer ;

     

  • Éducation : 30 % des frais, jusqu’à 800 € par foyer ;

     

  • Loyer de la résidence principale : 15 %, jusqu’à 900 € en 2026, puis 1 000 € en 2027 ;

     

  • Récupération de TVA sur facture : 15 % de la TVA payée dans certains secteurs (restauration, hébergement, coiffeurs, garages, vétérinaires, salles de sport, et depuis janvier 2026 les librairies, musées et spectacles), jusqu’à 250 € ;

     

  • Enfants à charge : une déduction fixe de 600 € par enfant de plus de 3 ans, 726 € pour les moins de 3 ans, et jusqu’à 900 € à partir du deuxième enfant de moins de 6 ans.

Trois dispositifs portugais pour alléger l’impôt

Le budget de l’État pour 2026 a relevé les seuils des tranches de 3,51 % et réduit les taux de la 2ᵉ à la 5ᵉ tranche de 0,3 point

À revenu identique, l’impôt de l’an prochain sera donc légèrement inférieur.

Sinon, plusieurs régimes existent pour réduire l’impôt (pour des situations spécifiques) :

  • L’IRS Jovem (pour les moins de 35 ans) : une exonération dégressive sur 10 ans, dans la limite de 29 542,15 € de revenus par an en 2026. La première année est totalement exonérée ;

     

  • L’IFICI, surnommé le « RNH 2.0 » : un taux fixe de 20 % pour les nouveaux résidents qui exercent une activité qualifiée en recherche, innovation, technologie ou dans des entreprises exportatrices ;

     

  • Le Programa Regressar (pour les Portugais et luso-descendants) : 50 % des revenus du travail exonérés, jusqu’à 250 000 € par an, pour les anciens résidents qui reviennent s’installer au Portugal avant le 31 décembre 2026

En 2027, le programme Regressar se transforme et devient le dispositif « Voltar ». Il devrait être éligible aux retraités portugais qui retournent vivre au Portugal (il devrait faire naître un nouveau régime fiscal attractif).

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